http://www.kafyeda.com/rss.xml fr Coopération internationale en temps de Covid19 : moins décevante qu’il n’y parait http://www.kafyeda.com/billet-de-blog/cooperation-internationale-en-temps-de-covid19-moins-decevante-quil-ny-parait <span class="date-display-single" property="dc:date" datatype="xsd:dateTime" content="2020-05-27T16:00:00+02:00">Publié le 27/05/2020</span> <div class="field field-name-field-author-text field-type-text-long field-label-hidden"> <div class="field-item even rich-text"><p>Par <a href="http://www.kafyeda.com/bruno-cabrillac">Bruno Cabrillac</a></p></div></div><div class="chapeau"><p>Une pandémie est caractéristique des défis qui ne peuvent être surmontés que par une action mondiale. Malgré un contexte pré-crise lourd de tensions géopolitiques et commerciales, cette nécessaire coordination internationale a bien été au rendez-vous dans le domaine économique. Cependant, la phase de sortie de crise exacerbera les conflits d’intérêts et constituera un ? stress test ? pour le multilatéralisme.</p> </div> <div class="field field-name-field-main-illustration field-type-image field-label-hidden"> <div class="field-item even "><img typeof="foaf:Image" src="http://www.kafyeda.com//sites/default/files/styles/page/public/graphique_1_billet_163_vf.png?itok=rhSBweIt" alt="Graphique 1. Types de mesures prises par les Gouvernements en réponse à la crise du Covid19 (en % du nombre des pays du G20+)" /></div></div> <div class="field field-name-field-custom-print-pdf field-type-file field-label-hidden"> <div class="field-item even "><span class="file"><img class="file-icon" alt="PDF icon" title="application/pdf" src="/modules/file/icons/application-pdf.png" /> <a href="/sites/default/files/billet_163_vf_rev.pdf" type="application/pdf; length=432045">billet_163_vf_rev.pdf</a></span></div></div><strong class="title">Graphique 1. Types de mesures prises par les Gouvernements en réponse à la crise du Covid-19 (en % du nombre des pays du G20+)</strong><span class="legend"> Source : FMI, avril 2020.</span> <div class="paragraphs-items paragraphs-items-field-publication-body paragraphs-items-field-publication-body-rss paragraphs-items-rss"> <div class="entity entity-paragraphs-item paragraphs-item-body" about="" typeof="" id="paragraphs-item--297127"> <div class="field field-name-field-parag-body field-type-text-long field-label-hidden"><div class="field-item even rich-text"><p><em><u>Note&nbsp;</u></em><em>: Le G20+&nbsp;comprend l’Espagne; mesures financières: garanties publiques d’emprunt, prêts publics etc.&nbsp;; mesures sociales&nbsp;: transferts aux ménages&nbsp;; mesures fiscales&nbsp;: baisses ou remises d’imp?ts, délais de paiement etc.&nbsp;; mesures réglementaires&nbsp;: restrictions aux licenciements, suspension des loyers.</em></p><h2>Un choc mondial, un diagnostic partagé, des réponses nationales de même nature</h2><p>En apparence, la réponse à la crise sanitaire a été essentiellement nationale. Pourtant, l’OMS y a joué un r?le essentiel. Ainsi, en raison des recommandations de l’OMS mais aussi des effets endogènes de la mondialisation (propagation des idées, des comportements et des politiques), un grand nombre de pays ont mis en place des stratégies de réponse sanitaire similaires. à la mi-avril, 4,5 milliards de personnes étaient confinées.</p><p>Comme pour les mesures sanitaires, il faut souligner la réactivité des instances multilatérales en matière économique. Le 16 mars, les <a href="https://ue.delegfrance.org/coronavirus-declaration-des-chefs">Chefs d’état du G7 reconnaissent</a> que ?&nbsp;la pandémie de COVID-19 est […] une crise sanitaire internationale, qui fait également peser des risques majeurs sur l’économie mondiale&nbsp;?. Le 26 mars, la <a href="https://www.elysee.fr/emmanuel-macron/2020/03/26/declaration-finale-du-sommet-extraordinaire-des-chefs-detat-et-de-gouvernement-du-g20-consacre-au-covid-19">déclaration finale du Sommet des Chefs d’état du G20</a> est encore plus explicite&nbsp;: ?&nbsp;La pandémie de COVID-19, qui est sans précédent, est un puissant rappel de nos interactions et de nos vulnérabilités communes. Le virus ne conna?t pas de frontières. La lutte contre cette pandémie exige une réponse internationale transparente, robuste, coordonnée, à grande échelle. ?</p><p>Ce consensus sur le diagnostic s’accompagne d’un consensus sur le traitement. Il faut traiter la crise sous tous ses aspects&nbsp;: ?&nbsp;notre priorité absolue va à la lutte contre la pandémie et ses conséquences directes sur le plan sanitaire, économique et social&nbsp;? (G20). Il faut mobiliser ?&nbsp;tous les moyens à la disposition de nos gouvernements&nbsp;? (G7) avec ?&nbsp;des mesures immédiates et fortes pour soutenir nos économies, protéger les travailleurs et les entreprises, en particulier les petites et moyennes entreprises, les secteurs les plus affectés et les personnes vulnérables grace à une protection sociale adéquate&nbsp;? (G20). Plus encore que lors de la grande crise financière, la réponse a été universelle&nbsp;: <a href="https://www.imf.org/en/Topics/imf-and-covid19/Policy-Responses-to-COVID-19">le site du FMI qui recense, en temps réel, les mesures prises</a>, montre que presque tous les pays ont mis en place des mesures de soutien de leur économie.</p><p>Le consensus sur le diagnostic et le traitement facilite une coordination de fait de mesures qui ont été prises au plan national. Le deuxième volet du <a href="http://www.kafyeda.com/sites/default/files/media/2020/04/17/g20_finance_ministers_and_central_bank_governors_meeting_communique_15_april_2020_final.pdf">Plan d’actions du G20</a>, publié le 15 avril, est consacré à la réponse d’urgence à la crise pour soutenir l’économie. Presque partout, les politiques monétaires y ont contribué largement. Comme le notent <a href="https://blocnotesdeleco.banque-france.fr/billet-de-blog/laction-des-banques-centrales-pour-aider-leconomie-survivre-au-covid-19">Odendahl et al.,</a> ?&nbsp;les banques centrales ont été très actives dans le cadre de leurs mandats en mettant en ?uvre diverses mesures à grande échelle en un mois, c’est-à-dire beaucoup plus rapidement que lors des crises précédentes&nbsp;?. Le recensement fait par le FMI montre aussi une grande convergence tant dans la nature que dans le champ des mesures (graphique 1) prises par les gouvernements.</p><p>Les sceptiques remarqueront qu’il s’agit plus d’une mise en cohérence ex-post que d’une stratégie ex-ante. Ils souligneront que, si le virus ?&nbsp;ne conna?t pas de frontières&nbsp;?, les états ont massivement recours aux restrictions de mouvements internationaux de personnes. Ils objecteront également que l’ampleur de ce soutien varie considérablement d’un pays à l’autre, plus que lors de la grande crise financière&nbsp;: par exemple, le plan de relance budgétaire est évalué par le FMI (fin avril) à 1% du PIB en Inde et à 11% aux états-Unis tandis que l’action de la FED est beaucoup plus vigoureuse que celle de la Reserve Bank of India. Mais, d’une part, cette convergence ?&nbsp;automatique&nbsp;? des mesures d’urgence nationales est en large partie un effet de la mondialisation&nbsp;; d’autre part, les mesures sanitaires, notamment de confinement, ont eu des effets économiques différents, appelant une réponse différenciée.</p><h2>L’aide aux pays en développement&nbsp;: un grand effort de solidarité internationale</h2><p>Le troisième volet du Plan d’actions du G20 retrace un effort coordonné sans précédent pour aider les pays en développement à faire face à cette crise. Les banques multilatérales de développement se sont engagées à des financements d’urgence à hauteur de 200 milliards de dollars. Le FMI a assoupli les règles qui régissent ses financements, en augmentant les plafonds et en réduisant les délais d’engagement et de déboursement&nbsp;; il a aussi créé, le 16&nbsp;avril, un instrument de court terme plus adapté à des besoins de ressources extérieures importants et urgents. Ces mesures doivent permettre une mobilisation des ressources du FMI, équivalente à 1000 milliards de dollars, pour les pays qui ont besoin de ressources extérieures. En outre, plusieurs pays, dont la France, se sont engagés à augmenter leur contribution au Fonds du FMI qui finance les prêts aux pays pauvres. La mesure la plus emblématique de cet effort est un moratoire temporaire sur le service de la dette des pays les plus pauvres du 1er mai jusqu’à la fin 2020, portant potentiellement sur environ 35 milliards de dollars. Tous les grands créanciers officiels bilatéraux y participent, grace à un accord inédit entre le Club de Paris et des états n’en faisant pas partie, tels la Chine et l’Inde. Au total, ce sont 30 pays créanciers qui se sont mis d’accord pour geler les échéances de 77 pays parmi les plus pauvres.</p><p>On pourra regretter que l’allocation générale de DTS qui aurait permis de distribuer 500&nbsp;milliards de DTS de liquidité internationale supplémentaire (en 2009, une allocation de 250&nbsp;milliards avait été décidée) ait été ajournée en raison de l’opposition des états-Unis. On pourra également remarquer que cet effort de solidarité est sans commune mesure avec les plans de soutien des économies du G20. Il n’en demeure pas moins que la rapidité et l’ampleur de cet effort de solidarité multilatérale sont sans précédent.</p><h2>La phase de sortie de crise sera un ?&nbsp;stress test&nbsp;? pour la coopération internationale</h2><p>Le Plan d’actions du G20 comprend également un volet con?u pour être évolutif sur la phase de sortie de crise, en réaffirmant que la coordination internationale sera un élément clé de sa réussite. Or, la phase de sortie de crise la mettra à rude épreuve, car cinq facteurs poussent à des comportements non coopératifs.</p><p>Les sorties de crise seront probablement désynchronisées.</p><p>Les états seront tous plus endettés et dans des proportions encore plus divergentes&nbsp;: les différences de vue et d’intérêt sur la nécessité, le calendrier et le rythme d’une amélioration de la soutenabilité des finances publiques s’en trouveront exacerbées.</p><p>Les politiques mises en place sont en large partie destinées à soutenir l’offre, c’est-à-dire les entreprises&nbsp;; or, par nature, ce type de soutien peut être non coopératif notamment dans un contexte de surcapacités dans certains secteurs (par exemple sur l’acier) et de polémiques sur les subventions aux entreprises.</p><p>Les ruptures engendrées par la crise sanitaire (tant du c?té de l’offre que de la demande) qui s’ajoutent à celles engendrées par la transition énergétique et la digitalisation accroissent le besoin ou la tentation de politiques industrielles nationales.</p><p>De profondes divergences de vues sont déjà apparentes sur le ?&nbsp;monde d’après&nbsp;?, notamment sur la priorité à la lutte contre le changement climatique ou contre les inégalités.</p><p>Dans ce contexte, la sortie de crise sera, bien plus qu’en 2009, un véritable ?&nbsp;stress test&nbsp;? pour le multilatéralisme. Le fait que le Plan d’actions du G20 marque une volonté de coordination internationale ex ante de la sortie de crise, bien qu’insuffisant, est néanmoins un bon signe.</p><p>Enfin, le Plan d’actions du G20 comprend un volet qui propose de tirer les le?ons de cette crise pour renforcer la gouvernance mondiale et, singulièrement, le r?le du G20. Un volet certes peu ambitieux mais qui a le mérite d’exister. On n’avait pas besoin de cette crise pour être conscient que la gouvernance mondiale n’avait pas suivi le rythme de la mondialisation. Pour autant, le retard pris ne doit pas cacher le chemin parcouru par la gouvernance mondiale dont les deux dernières grandes étapes, l’Accord de Paris et la réponse à la crise du Covid-19 ne doivent pas être sous estimées.</p><p>&nbsp;</p><p>&nbsp;</p></div></div></div> </div> <div class="field field-name-field-mots-clefs-blog field-type-taxonomy-term-reference field-label-hidden"> <div class="field-items"> <div class="field-item even "><a href="/noindex/mots-clefs-blog/marches-financiers_1517832260" typeof="skos:Concept" property="rdfs:label skos:prefLabel">Marchés Financiers</a></div> <div class="field-item odd "><a href="/noindex/mots-clefs-blog/globalisation_1517832152" typeof="skos:Concept" property="rdfs:label skos:prefLabel">Globalisation</a></div> <div class="field-item even "><a href="/noindex/mots-clefs-blog/divers_1520354570" typeof="skos:Concept" property="rdfs:label skos:prefLabel">Divers</a></div></div></div> Wed, 27 May 2020 07:58:54 +0000 GAILLARD 286808 at http://www.kafyeda.com http://www.kafyeda.com/billet-de-blog/cooperation-internationale-en-temps-de-covid19-moins-decevante-quil-ny-parait#comments La monnaie de banque centrale n’a rien de magique http://www.kafyeda.com/billet-de-blog/la-monnaie-de-banque-centrale-na-rien-de-magique <span class="date-display-single" property="dc:date" datatype="xsd:dateTime" content="2020-05-20T17:30:00+02:00">Publié le 20/05/2020</span> <div class="field field-name-field-author-text field-type-text-long field-label-hidden"> <div class="field-item even rich-text"><p>Par <a href="http://www.kafyeda.com/economie/economistes-et-chercheurs/jean-barthelemy">Jean Barthelemy</a> et <a href="http://www.kafyeda.com/economie/economistes-et-chercheurs/adrian-penalver">Adrian Penalver</a></p></div></div><div class="chapeau"><p>La monnaie de banque centrale est-elle une ? monnaie magique ? qui permettrait de ne pas émettre de dette publique ou d’éteindre la dette existante ? Ce billet explique ce qu’est la monnaie de banque centrale, comment elle est créée, et la relation entre banque centrale et finances publiques. Aucune option facile ne permettra d’échapper au financement des déficits budgétaires.</p> </div> <div class="field field-name-field-main-illustration field-type-image field-label-hidden"> <div class="field-item even "><img typeof="foaf:Image" src="http://www.kafyeda.com//sites/default/files/styles/page/public/graphique_1_billet_162_vf.png?itok=PkrEzmD5" alt="Graphique 1 Dette souveraine détenue par l’Eurosystème en % du PIB" /></div></div> <div class="field field-name-field-custom-print-pdf field-type-file field-label-hidden"> <div class="field-item even "><span class="file"><img class="file-icon" alt="PDF icon" title="application/pdf" src="/modules/file/icons/application-pdf.png" /> <a href="/sites/default/files/billet_162_vf.pdf" type="application/pdf; length=247309">billet_162_vf.pdf</a></span></div></div><strong class="title">Graphique 1 Dette souveraine détenue par l’Eurosystème en % du PIB</strong><span class="legend"> Source : BCE ; Note : les dernières données se rapportent à T4 2019. Programme d’achats de titres du secteur public (PSPP)</span> <div class="paragraphs-items paragraphs-items-field-publication-body paragraphs-items-field-publication-body-rss paragraphs-items-rss"> <div class="entity entity-paragraphs-item paragraphs-item-body" about="" typeof="" id="paragraphs-item--295743"> <div class="field field-name-field-parag-body field-type-text-long field-label-hidden"><div class="field-item even rich-text"><p>Malgré leur r?le particulier, les banques centrales restent des banques. Elles émettent des passifs financiers et détiennent des actifs financiers. Ce sont généralement des institutions dont le capital est détenu par l’état et dont les bénéfices nets sont régulièrement transférés sur le compte du Trésor sous forme de dividendes. Le bilan consolidé des banques centrales de la zone euro est publié chaque semaine <a href="https://www.ecb.europa.eu/press/pr/wfs/2020/html/index.en.html">par la Banque centrale européenne</a> (BCE).</p><h2>Les banques centrales émettent deux types de passifs …</h2><p>Les banques centrales émettent deux types de passifs, qui constituent la base monétaire&nbsp;: les billets en circulation et les dép?ts et comptes courants.</p><p>Les billets de banque – les billets en euro dans votre portefeuille – sont imprimés par les banques centrales. Ils sont vendus sur demande aux banques de détail en échange de créances rémunérées, ce qui permet à votre banque de les mettre à votre disposition pour effectuer un retrait d’espèces.</p><p>Les billets de banque ne rapportent pas d’intérêts. Comme leurs co?ts d’impression sont très bas, mais qu’ils sont échangés à leur valeur faciale, les banques centrales per?oivent des revenus de seigneuriage sur l’émission des billets car la créance financière engendre un rendement généralement supérieur au rendement nul de la monnaie. Les billets en circulation dans le monde représentent actuellement une valeur de 1&nbsp;200&nbsp;milliards d’euros environ. La valeur d’un billet résulte de son cours légal et de la confiance du public dans le fait que son pouvoir d’achat ne sera pas érodé par l’inflation.</p><p>Des comptes sont ouverts à la banque centrale pour les banques domestiques, les institutions financières internationales et l’état afin de faciliter les flux de paiements entre eux. Lorsque vous achetez un ordinateur portable avec une carte de crédit, le transfert de votre compte bancaire vers celui du vendeur implique un transfert de votre banque à la sienne par l’intermédiaire de leurs comptes respectifs auprès de la banque centrale. Les principales banques centrales rémunèrent ces comptes de dép?t ou comptes courants, et c’est via ces taux d’intérêt qu’elles pilotent d’autres taux d’intérêt dans l’économie et mettent ainsi en ?uvre la politique monétaire. Le taux de la facilité de dép?t de la BCE est actuellement négatif (–&nbsp;0,5&nbsp;%), ce qui signifie que les banques payent pour détenir des réserves auprès de la banque centrale.</p><h2>… adossés à une gamme d’actifs</h2><p>à l’actif, les banques centrales détiennent de l’or et des réserves de change, des prêts garantis consentis aux banques et des obligations d’état et d’entreprises de la zone euro (et quelques autres éléments). Historiquement, la BCE et les banques centrales nationales (BCN) – l’?&nbsp;Eurosystème&nbsp;? – utilisaient les prêts garantis consentis aux banques (intitulés ?&nbsp;pensions&nbsp;?) afin de réguler le volume de réserves dans le système et d’influer sur le taux d’intérêt des emprunts entre banques. Depuis&nbsp;2015, les achats d’obligations effectués par l’Eurosystème dans le cadre de son <a href="https://www.ecb.europa.eu/mopo/implement/omt/html/index.en.html">programme d’achats d’actifs</a> (Asset Purchase Programme, APP), son instrument de politique monétaire additionnel, se sont élevés à 2&nbsp;800&nbsp;milliards d’euros (cf. graphique&nbsp;1). Le <a href="http://www.kafyeda.com/communique-de-presse/compte-rendu-de-la-reunion-de-politique-monetaire-du-conseil-des-gouverneurs-de-la-banque-centrale-26">12 mars 2020</a>, une enveloppe supplémentaire de 120&nbsp;milliards d’euros a été consentie et, dans le cadre du <a href="https://www.ecb.europa.eu/mopo/implement/pepp/html/index.en.html">programme d’achats d’urgence face à la pandémie</a> (Pandemic Emergency Purchase Programme, PEPP) annoncé le 18&nbsp;mars&nbsp;2020, l’Eurosystème fera l’acquisition d’actifs supplémentaires pour un montant de 750&nbsp;milliards d’euros d’ici fin 2020.</p><h2>Finances publiques et limites à la création de monnaie de banque centrale</h2><p>Les achats d’actifs de l’Eurosystème recouvrent des obligations d’état, des obligations d’entreprises, des titres adossés à des actifs et des obligations sécurisées. Les achats sont répartis entre les BCN et la BCE, et les achats d’obligations d’état sont réalisés plus ou moins selon la clé de répartition des BCN au capital de la BCE. Ainsi, les obligations d’état fran?aises constituent 20&nbsp;% environ des achats d’obligations souveraines dans le cadre de l’APP et ces achats sont principalement réalisés par la Banque de France. La répartition des achats entre pays est plus flexible dans le cadre du PEPP.</p><p>Lorsque la Banque de France achète une obligation d’état fran?aise auprès d’une banque fran?aise, elle crédite le compte de dép?t de cette banque sur ses livres. La Banque de France per?oit alors un revenu d’intérêt de cette obligation et verse un intérêt sur le dép?t créé – ces deux taux d’intérêt pouvant être négatifs. Tant que le rendement à l’échéance de l’obligation est supérieur au taux de rémunération du dép?t, la Banque de France engrange un bénéfice, qu’elle transfère ultimement sur le compte du Trésor fran?ais.</p><p>Comme la banque centrale détient la dette publique et qu’elle appartient à l’état, ne serait-il pas possible d’effacer la dette publique détenue par la banque centrale sans incidence sur le bilan agrégé du secteur public&nbsp;? La réponse est non. Non seulement il est illégal d’annuler une dette souveraine dans la zone euro, mais la banque centrale est également redevable d’intérêts sur les dép?ts créés. Ce n’est pas un problème actuellement car le taux de rémunération des dép?ts est négatif mais cela pourrait le devenir lorsque ce taux redeviendra positif. La banque centrale devra alors de l’argent sans avoir les revenus nécessaires pour le financer. Elle enregistrera également une très forte perte en capital.</p><p>Il existe principalement deux possibilités pour remédier à ce déficit de revenu&nbsp;: soit les transferts entre la banque centrale et l’état servent à absorber la perte, soit la banque centrale rembourse en émettant de nouvelles réserves. Dans le premier cas, l’état doit accepter un plus faible dividende monétaire. Dans le second cas, s’il est vrai que les banques centrales peuvent toujours créer des dép?ts supplémentaires afin de combler ce manque, on risque cependant d’aboutir à un schéma pyramidal, la banque centrale devant émettre des volumes croissants de dép?ts afin de payer les intérêts sur ses réserves existantes. Les banques accumuleront de plus en plus de dép?ts auprès de la banque centrale, avec une faible perspective d’obtenir une valeur réelle. L’inflation est la conséquence inévitable lorsque les entreprises et les ménages commencent à douter de la valeur de cette monnaie et à dépenser leur argent avant que son pouvoir d’achat ne soit réduit à néant. Cela peut enclencher une spirale inflationniste.</p><p>Le même problème se pose avec le financement monétaire&nbsp;: la création monétaire finance directement les dépenses publiques. Une banque centrale peut simplement créditer des fonds sur le compte de l’état. Mais lorsque cette monnaie est dépensée, les dép?ts seront transférés du compte de l’état vers un compte bancaire (comme dans l’exemple de l’ordinateur portable). La banque centrale devra alors verser des intérêts sur ce dép?t mais sans détenir d’actif supplémentaire pour les financer. Cela peut également déclencher une spirale inflationniste.</p><p>&nbsp;</p><p>&nbsp;</p></div></div></div> </div> <div class="field field-name-field-mots-clefs-blog field-type-taxonomy-term-reference field-label-hidden"> <div class="field-item even "><a href="/noindex/mots-clefs-blog/politique-monetaire_1517832280" typeof="skos:Concept" property="rdfs:label skos:prefLabel">Politique Monétaire</a></div></div> Wed, 20 May 2020 13:23:55 +0000 Gerard EDMOND 285466 at http://www.kafyeda.com http://www.kafyeda.com/billet-de-blog/la-monnaie-de-banque-centrale-na-rien-de-magique#comments Qu’aurait fait Roosevelt face à la crise économique du Covid19 ? http://www.kafyeda.com/billet-de-blog/quaurait-fait-roosevelt-face-la-crise-economique-du-covid19 <span class="date-display-single" property="dc:date" datatype="xsd:dateTime" content="2020-05-12T12:30:00+02:00">Publié le 12/05/2020</span> <div class="field field-name-field-author-text field-type-text-long field-label-hidden"> <div class="field-item even rich-text"><p>Par <a href="http://www.kafyeda.com/economie/economistes-et-chercheurs/jean-barthelemy">Jean Barthélemy</a> et <a href="http://www.kafyeda.com/economie/economistes-et-chercheurs/vincent-bignon">Vincent Bignon</a></p></div></div><div class="chapeau"><p>Roosevelt reste dans l’histoire comme ayant réussi à sortir les états-Unis de la Grande Dépression. Pour cela, il communique afin de répondre aux inquiétudes des américains et modifie la politique économique. Son but ? Briser le cercle vicieux dans lequel le pessimisme amplifie la récession. Ce billet tire les le?ons de cette stratégie pour la crise actuelle, même si les crises sont différentes.</p> </div> <div class="field field-name-field-main-illustration field-type-image field-label-hidden"> <div class="field-item even "><img typeof="foaf:Image" src="http://www.kafyeda.com//sites/default/files/styles/page/public/graphique_1_billet_161_vf.png?itok=s1Uf8X2Q" alt="Franklin D. Roosevelt lors d’une ? conversation au coin du feu ? en 1934" /></div></div> <div class="field field-name-field-custom-print-pdf field-type-file field-label-hidden"> <div class="field-item even "><span class="file"><img class="file-icon" alt="PDF icon" title="application/pdf" src="/modules/file/icons/application-pdf.png" /> <a href="/sites/default/files/billet_161_vf_1.pdf" type="application/pdf; length=358109">billet_161_vf_1.pdf</a></span></div></div><strong class="title">Franklin D. Roosevelt lors d’une ? conversation au coin du feu ? en 1934</strong><span class="legend"> Source : photographie de Harris & Ewing, Library of Congress</span> <div class="paragraphs-items paragraphs-items-field-publication-body paragraphs-items-field-publication-body-rss paragraphs-items-rss"> <div class="entity entity-paragraphs-item paragraphs-item-body" about="" typeof="" id="paragraphs-item--293050"> <div class="field field-name-field-parag-body field-type-text-long field-label-hidden"><div class="field-item even rich-text"><p>Quand Roosevelt devient président le 4 mars 1933, une vague de panique bancaire a commencé depuis un mois. Les états-Unis sont en dépression depuis 1929 et le système bancaire a souffert de nombreuses et récurrentes ruées bancaires. Le taux de ch?mage atteint 25 % (graphique 1). Les faillites s’encha?nent depuis octobre 1929 et le financement de l’économie est à l’arrêt. Les prix baissent de plus de 10% par an, de même que l’emploi et les revenus, ce qui augmente le poids du remboursement des dettes dans le revenu des agents.</p><p>Roosevelt inverse la tendance. La reprise est immédiate et vigoureuse. Les anticipations d’inflation sont mieux orientées. Le taux de ch?mage baisse d’un tiers et l’inflation devient à nouveau positive. Alors que toutes les politiques ont échoué à redresser la situation avant 1933, celle de Roosevelt y réussit en quelques semaines.</p><p>Pourquoi&nbsp;? Qu’est-ce que Roosevelt a changé&nbsp;? Quelles le?ons tirer en matière de gestion de crise économique ?</p></div></div></div> <div class="entity entity-paragraphs-item paragraphs-item-illustration-standard" about="" typeof="" id="paragraphs-item--293051"> <div class="visu-mea large-image"><div class="pic"> <div class="field field-name-field-illustration-std-image field-type-image field-label-hidden"> <div class="field-item even "><img typeof="foaf:Image" src="http://www.kafyeda.com//sites/default/files/styles/page/public/images/illustrations/graphique2-billet161vf.png?itok=XDnPk_uy" alt="Graphique 1 : évolutions des prix et du ch?mage aux états-Unis entre 1929 et 1937" /></div></div><i class="bg-icon icon-Search bottom-right-position"></i></div><div class="description"><strong class="title">Graphique 1 : évolutions des prix et du ch?mage aux états-Unis entre 1929 et 1937</strong> <span class="legend"> Source : National Bureau of Economic Research (NBER)</span></div></div></div> <div class="entity entity-paragraphs-item paragraphs-item-body" about="" typeof="" id="paragraphs-item--293052"> <div class="field field-name-field-parag-body field-type-text-long field-label-hidden"><div class="field-item even rich-text"><h2><strong>De la récession à la Grande Dépression </strong></h2><p>L’économie nous enseigne que la récession se transforme en dépression quand des anticipations pessimistes s’auto-entretiennent. Le mécanisme est connu&nbsp;depuis Keynes : les agents anticipent une baisse des prix, chacun trouve donc rationnel de reporter ses dépenses, entretenant ainsi la réduction de la demande globale et donc une baisse supplémentaire des prix.</p><p>L’histoire nous enseigne que les dépressions ne viennent pas de l’inaction des pouvoirs publics mais d’erreurs de politique économique et de l’incertitude sur les politiques publiques futures. Jusqu’en 1932, les débats font rage et les experts sont divisés sur les remèdes. Le président Hoover lutte contre la baisse des prix par des lois favorisant la cartellisation et les ententes entre producteurs. Mais, comme <a href="https://press.princeton.edu/books/paperback/9780691003542/a-monetary-history-of-the-united-states-1867-1960">Milton Friedman et Anna Schwartz l’ont montré pour la banque centrale</a>, chacun était prisonnier de ses croyances. Par exemple, s’appuyant sur la doctrine des effets réels (?&nbsp;real bills&nbsp;?) et la nécessité per?ue de défendre la convertibilité en or du dollar, la Fed remonte son taux directeur à l’automne 1931. Ce resserrement déclenche une nouvelle vague de faillites qui réduisent la masse monétaire et&nbsp;l’offre de crédit des banques.</p><p>Ce double héritage keynésien et friedmanien dessine les trois écueils que Roosevelt a su contourner&nbsp;en son temps : (i) les doutes sur la solidité du secteur bancaire qui sont la cause première de la récession&nbsp;; (ii) le caractère auto-entretenu de la dépression et (iii) l’incertitude sur les politiques économiques futures.</p><h2><strong>Les premiers mois de la présidence Roosevelt&nbsp;: communication et réorientation du policy-mix</strong></h2><p>Roosevelt propose des mesures concrètes et crédibles pour assurer la solidité des banques, adopte une communication directe et réoriente le policy-mix.&nbsp;</p><p>Pour stopper la panique bancaire, il agit vite.&nbsp; Le 6 mars il décrète la fermeture des banques pour quatre jours. Le Congrès vote une loi le 9 mars définissant les règles de réouverture graduelle. Cette loi autorise la banque centrale à fournir aux banques autant de monnaie qu’elles détiennent d’actifs de bonne qualité à leur bilan.</p><p>Il communique avec le public lors de ?&nbsp;<a href="http://docs.fdrlibrary.marist.edu/firesi90.html">conversations au coin du feu&nbsp;</a>?, une intervention radiophonique régulière détaillant concrètement les décisions prises et expliquant chacune des orientations choisies. Ainsi, le 12 mars 1933 <a href="https://www.c-span.org/video/?298210-1/president-franklin-roosevelts-fireside-chat">sa première intervention</a> justifie pourquoi il a décidé de fermer des banques&nbsp;: ?&nbsp;nous ne voulons pas d’une autre épidémie de faillites bancaires&nbsp;?. Il explique ensuite quand et comment les banques seront ré-ouvertes graduellement. Ses autres interventions portent sur les politiques budgétaire et monétaire.</p><p>Cette politique de communication directe apaise les inquiétudes relatives à la situation du système bancaire. Elle fournit par la suite une orientation prospective –forward guidance– à la politique économique, de nature à sortir de la dépression et à remettre l’inflation en territoire positif. Les résultats sont immédiats&nbsp;: <a href="https://ideas.repec.org/a/eee/exehis/v62y2016icp26-50.html">Jalil et Rua (2016)</a> montrent que cette communication a lancé le débat public sur l’inflation (graphique 2) et a augmenté les anticipations d’inflation.</p></div></div></div> <div class="entity entity-paragraphs-item paragraphs-item-illustration-standard" about="" typeof="" id="paragraphs-item--293053"> <div class="visu-mea large-image"><div class="pic"> <div class="field field-name-field-illustration-std-image field-type-image field-label-hidden"> <div class="field-item even "><img typeof="foaf:Image" src="http://www.kafyeda.com//sites/default/files/styles/page/public/images/illustrations/graphique3billet161vf.png?itok=yx8Z8CNS" alt="Graphique 2 : mentions des termes déflation et inflation dans les principaux journaux américains" /></div></div><i class="bg-icon icon-Search bottom-right-position"></i></div><div class="description"><strong class="title">Graphique 2 : mentions des termes déflation et inflation dans les principaux journaux américains</strong> <span class="legend"> Source : Jalil et Rua (2016), Inflation expectations and recovery in spring 1933</span></div></div></div> <div class="entity entity-paragraphs-item paragraphs-item-body" about="" typeof="" id="paragraphs-item--293054"> <div class="field field-name-field-parag-body field-type-text-long field-label-hidden"><div class="field-item even rich-text"><p align="center"><em>Note : Le nombre d’occurrences des termes inflation et déflation dans les titres des articles des journaux américains (échelle de gauche) et dans les articles eux-mêmes (échelle de droite). La zone grisée correspond à la période de récession telle que définie par le NBER.</em></p><p>Les autorités subordonnent les politiques budgétaire et monétaire à un objectif unique&nbsp;: la reprise économique. <a href="https://www.nber.org/papers/w25629">Jacobson, Leeper et Preston (2019)</a> appellent cette combinaison de politiques économiques une expansion budgétaire non financée caractérisée par&nbsp;:</p><ol><li>Sur le volet monétaire, une orientation accommodante pour augmenter l’inflation&nbsp;:<ol><li>Face à la baisse des anticipations d’inflation, les états-Unis suivent l’exemple de plusieurs pays en dévaluant la valeur du dollar en or de 40%, renchérissant les prix des produits importés.</li><li>Pour lutter contre la contraction de la masse monétaire causée par les faillites bancaires et la baisse des dép?ts, le Congrès enjoint la Fed, en mai 1933, d’acheter des titres de dette publique sur les marchés financiers en plus de l’instrument traditionnel de rachat de dettes privées.</li></ol></li><li>Sur le volet budgétaire, Roosevelt annonce que l’augmentation de la dépense publique sera financée par la dette tant que l’économie n’aura pas redémarré, ce qui pourrait s’apparenter à une ?&nbsp;forward guidance&nbsp;? budgétaire. Roosevelt justifie cette expansion budgétaire par le caractère exceptionnel de la situation : ?&nbsp;Une guerre pour la survie de la démocratie&nbsp;?.</li></ol><p>Cette combinaison de politiques économiques crée, selon <a href="https://www.nber.org/papers/w25629">Jacobson, Leeper et Preston (2019)</a>, un effet de richesse nominale. La dette publique augmente plus vite que les augmentations d’imp?ts futurs, accroissant la richesse nominale (actualisée) du secteur privé. Cet effet de richesse augmente la demande agrégée ce qui brise le caractère auto-entretenu de la dépression. Au final le multiplicateur budgétaire est élevé parce que la dépense publique ne s’accompagne pas d’une anticipation de contraction future de l’activité causée par une consolidation budgétaire. Cela est rendu possible par la dévaluation de 1933 qui permet un relachement temporaire de la contrainte budgétaire induite par l’étalon or.</p><p><strong>Deux le?ons pour la sortie de crise </strong></p><p>Bien s?r, comparaison n’est pas raison. Les causes premières de la Grande Dépression et de la récession actuelle sont de nature très différentes&nbsp;: les banques aux états-Unis, l’épidémie aujourd’hui. Nous n’avons pas les mêmes institutions mais nous pouvons apprendre de l’histoire. Nous retenons deux le?ons de la gestion de crise par Roosevelt.</p><ol><li>La dépression est évitée par une communication crédible qui (i) rassure par des exemples pratiques et pertinents sur la capacité et la volonté d’agir contre la cause première de la récession et (ii) réduit l’incertitude sur les politiques futures.</li><li>Dans certaines circonstances, la relance de l’économie peut nécessiter le report de la consolidation budgétaire tant que la croissance n’est pas durablement revenue, pour créer un effet de richesse nominale.</li></ol></div></div></div> </div> <div class="field field-name-field-mots-clefs-blog field-type-taxonomy-term-reference field-label-hidden"> <div class="field-item even "><a href="/noindex/mots-clefs-blog/developpement-economique-actuel_1517832128" typeof="skos:Concept" property="rdfs:label skos:prefLabel">Développement économique actuel</a></div></div> Mon, 11 May 2020 16:57:57 +0000 nadine 282948 at http://www.kafyeda.com http://www.kafyeda.com/billet-de-blog/quaurait-fait-roosevelt-face-la-crise-economique-du-covid19#comments Adaptation des entreprises au confinement : l’apport de l’analyse textuelle http://www.kafyeda.com/billet-de-blog/adaptation-des-entreprises-au-confinement-lapport-de-lanalyse-textuelle <span class="date-display-single" property="dc:date" datatype="xsd:dateTime" content="2020-05-07T16:45:00+02:00">Publié le 07/05/2020</span> <div class="field field-name-field-author-text field-type-text-long field-label-hidden"> <div class="field-item even rich-text"><p>Par Mathilde Gerardin et Martial Ranvier</p></div></div><div class="chapeau"><p>Sur la base de commentaires libres recueillis lors de l’enquête mensuelle de conjoncture de mars dernier, nous construisons via l’analyse textuelle des indicateurs de l’adaptation des entreprises au confinement (activité partielle, télétravail…). Cette information additionnelle fournit un panorama de l’adaptation des formes d’organisation sectorielles qui recoupe et précise le diagnostic de l’enquête.</p> </div> <div class="field field-name-field-main-illustration field-type-image field-label-hidden"> <div class="field-item even "><img typeof="foaf:Image" src="http://www.kafyeda.com//sites/default/files/styles/page/public/graphique_1_billet_160_fr.png?itok=Y4uRL-cg" alt="Graphique 1 : Caractérisation des 3 classes de secteurs d’activité" /></div></div> <div class="field field-name-field-custom-print-pdf field-type-file field-label-hidden"> <div class="field-item even "><span class="file"><img class="file-icon" alt="PDF icon" title="application/pdf" src="/modules/file/icons/application-pdf.png" /> <a href="/sites/default/files/billet_160_fr_rev.pdf" type="application/pdf; length=754092">billet_160_fr_rev.pdf</a></span></div></div><strong class="title">Graphique 1 : Caractérisation des 3 classes de secteurs d’activité</strong><span class="legend"> Source : Enquête Mensuelle de Conjoncture (Banque de France)</span> <div class="paragraphs-items paragraphs-items-field-publication-body paragraphs-items-field-publication-body-rss paragraphs-items-rss"> <div class="entity entity-paragraphs-item paragraphs-item-body" about="" typeof="" id="paragraphs-item--292004"> <div class="field field-name-field-parag-body field-type-text-long field-label-hidden"><div class="field-item even rich-text"><p align="left"><em>Note&nbsp;: La classe 1 se caractérise par un faible taux de fermetures et un fort taux d’absences, la classe 2 par un recours accru au télétravail et une activité partielle élevée, la dernière par des fermetures importantes et une activité en recul marqué.</em></p><p>Outre les questions fermées habituelles, <a href="http://www.kafyeda.com/statistiques/conjoncture/enquetes-de-conjoncture/conjoncture-industrie-services-et-batiment">l’Enquête Mensuelle de Conjoncture</a> dans l’industrie, les services et le batiment inclut un commentaire libre, retra?ant les ?&nbsp;faits saillants&nbsp;? du mois tels qu’ils ont été ressentis par l’entreprise interrogée. Cette source d’information est particulièrement abondante pour le mois de mars. Elle fournit un matériau original pour l’analyse des formes d’organisation sectorielles d’adaptation au confinement, dont ce billet propose d’exploiter le contenu.</p><h2>Les commentaires révèlent sept thématiques liées au confinement…</h2><p>Près de 6 500 commentaires exploitables ont été recueillis au mois de mars. Ils font référence de manière récurrente à sept thématiques liées au confinement&nbsp;: recours à l’activité partielle, au télétravail, aux congés, absences des salariés (arrêts maladie, y compris pour garde d’enfants), fermetures partielles ou totales, report de charges (cotisations sociales, échéances fiscales, remboursements d’emprunt…), et demandes de Prêts Garantis par l’état (PGE).</p><p>Pour identifier les commentaires associés à une thématique donnée, nous définissons une liste de mots-clés spécifiques à cette thématique, puis recherchons la présence de l’un de ces mots-clés dans chacun des commentaires en contr?lant les négations et les homonymes (approche dite par dictionnaire en analyse textuelle).</p><h2>…dont la qualité est validée par comparaison externe</h2><p>Pour apprécier la qualité de nos indicateurs, nous recoupons quatre d’entre eux avec ceux issus de <a href="https://dares.travail-emploi.gouv.fr/dares-etudes-et-statistiques/tableaux-de-bord/le-marche-du-travail-pendant-le-covid-19/enquete-acemo-pendant-la-crise-sanitaire-covid-19/article/activite-et-conditions-d-emploi-de-la-main-d-oeuvre-pendant-la-crise-sanitaire">l’enquête Activité et conditions d’emploi de la main-d’?uvre </a>&nbsp;menée par la Dares du 1<sup>er</sup> au 13 avril (ACEMO Covid-19)&nbsp;: le recours à l’activité partielle, le télétravail, les congés et les absences diverses. Sur le graphique 2, chaque point représente un des secteurs agrégés de la <a href="https://www.insee.fr/fr/information/2406147">Nomenclature d’activités fran?aise</a> (NAF, 17 secteurs). Les niveaux constatés dans l’ACEMO (en ordonnée) sont quasi-systématiquement supérieurs à ceux de notre indicateur (en abscisse). Outre les différences de méthodologie (les chiffres de l’ACEMO désignent un pourcentage de salariés, et non une proportion d’entreprises, et le champ enquêté est plus large que celui de l’EMC), cette sous-estimation découle vraisemblablement du fait que notre indicateur ne capte que les expressions spontanées des responsables d’entreprise.</p><p>En revanche, le classement des secteurs du plus concerné au moins concerné est, dans l’ensemble, concordant entre les deux mesures ce qui permet d’assurer la qualité des comparaisons sectorielles.</p></div></div></div> <div class="entity entity-paragraphs-item paragraphs-item-illustration-standard" about="" typeof="" id="paragraphs-item--292005"> <div class="visu-mea large-image"><div class="pic"> <div class="field field-name-field-illustration-std-image field-type-image field-label-hidden"> <div class="field-item even "><img typeof="foaf:Image" src="http://www.kafyeda.com//sites/default/files/styles/page/public/images/illustrations/graphique2billet160fr.png?itok=rT9jO5r4" alt="Graphique 2 : Comparaisons des indicateurs EMC et ACEMO Covid" /></div></div><i class="bg-icon icon-Search bottom-right-position"></i></div><div class="description"><strong class="title">Graphique 2 : Comparaisons des indicateurs EMC et ACEMO Covid</strong> <span class="legend"> Source : Enquêtes EMC (Banque de France) et ACEMO Covid (Dares)</span></div></div></div> <div class="entity entity-paragraphs-item paragraphs-item-body" about="" typeof="" id="paragraphs-item--292006"> <div class="field field-name-field-parag-body field-type-text-long field-label-hidden"><div class="field-item even rich-text"><p align="left"><em>Note&nbsp;: Les indicateurs ACEMO, à l’exception de celui sur l’activité partielle, désignent le pourcentage de salariés travaillant dans une entreprise dont au moins 10% des salariés sont concernés.</em></p><h2 align="left">Dispositifs gouvernementaux et modes d’organisation de l’entreprise&nbsp;: un réseau faiblement connecté</h2><p>Afin d’approfondir le détail sectoriel, les proportions d’entreprises concernées par chaque thématique sont calculées pour l’ensemble des secteurs présentant un minimum de 30 données individuelles d’entreprise. Les résultats obtenus concernent 98 secteurs dont 25 agrégés (nomenclature de l’EMC), 27 semi-agrégés (NAF88) et 46 détaillés (NAF700). Sur ces données, nous étudions en premier lieu le réseau des corrélations deux à deux (indicateur de la nature et de l’intensité de la liaison) entre les sept thématiques.</p><p>Ce réseau (graphique 3) se caractérise par une structure en deux blocs, autour d’un n?ud central commun. à gauche, figure le bloc des thématiques relevant des dispositifs gouvernementaux (activité partielle, report de charges et prêt garanti par l’état) toutes positivement corrélées deux à deux.&nbsp;à droite, celui des thématiques relevant de l’organisation de l’entreprise&nbsp;: fermetures de sites et activité partielle, corrélées positivement entre elles&nbsp;; mais négativement corrélées au recours au télétravail et à l’absence des salariés (l’utilisation des congés apparaissant faiblement connectée au reste du réseau). Au centre, point unificateur et commun aux deux blocs, l’activité partielle, vue dans le bloc de gauche comme une aide gouvernementale, et dans celui de droite comme l’indice d’une sous-activité des salariés.</p><p>La faible connexion entre les deux autres dispositifs gouvernementaux et les variables d’activité pourrait découler du déploiement encore limité de ces deux dispositifs à fin mars&nbsp;: seulement 11% des commentaires font état de demandes de PGE et 25% de demandes de reports de charges contre 59% qui citent le recours à l’activité partielle.</p></div></div></div> <div class="entity entity-paragraphs-item paragraphs-item-illustration-standard" about="" typeof="" id="paragraphs-item--292007"> <div class="visu-mea large-image"><div class="pic"> <div class="field field-name-field-illustration-std-image field-type-image field-label-hidden"> <div class="field-item even "><img typeof="foaf:Image" src="http://www.kafyeda.com//sites/default/files/styles/page/public/images/illustrations/graphique3billet160fr.png?itok=1bO-o2JL" alt="Graphique 3 : Réseau des corrélations entre les différentes variables" /></div></div><i class="bg-icon icon-Search bottom-right-position"></i></div><div class="description"><strong class="title">Graphique 3 : Réseau des corrélations entre les différentes variables</strong> <span class="legend"> Source : Enquête Mensuelle de Conjoncture (Banque de France)</span></div></div></div> <div class="entity entity-paragraphs-item paragraphs-item-body" about="" typeof="" id="paragraphs-item--292008"> <div class="field field-name-field-parag-body field-type-text-long field-label-hidden"><div class="field-item even rich-text"><p align="left"><em>Note&nbsp;: L’intensité de la corrélation entre deux points est matérialisée par la proximité dans le plan, l’épaisseur et l’intensité de la couleur du trait de liaison. Ainsi, le recours à l’activité partielle est fortement corrélé positivement aux fermetures de sites (liaison verte) et négativement à l’absence des salariés (liaison rouge).</em></p><h2>Un panorama en trois classes du paysage sectoriel</h2><p>Comment se positionnent les formes d’organisation des entreprises dans ce même réseau&nbsp;? Pour y répondre, nous regroupons les secteurs d’activité au moyen d’une classification ascendante hiérarchique appliquée aux quatre variables principales du bloc de droite du réseau (encadrées sur le graphique 3). Cette classification dégage trois classes de secteurs regroupés selon la proximité de leurs choix ou contraintes d’organisation.</p><p>Ces classes sont ensuite représentées de manière stylisée sur le premier plan factoriel d’une analyse en composantes principales menée sur les mêmes variables. L’axe horizontal constitue un&nbsp;score d’activité décroissante&nbsp;: il oppose donc les secteurs à fort taux de fermetures et d’activité partielle (à droite de l’axe, classe 3), et ceux ayant poursuivi leur activité soit par le télétravail, soit sur site, au prix d’une certaine absence des salariés (à gauche de l’axe, classes 1 et 2). L’axe vertical oppose quant à lui les deux modes d’activité&nbsp;: essentiellement sur site (en bas, classe 1), ou majoritairement en télétravail (en haut, classe 2).</p></div></div></div> <div class="entity entity-paragraphs-item paragraphs-item-illustration-standard" about="" typeof="" id="paragraphs-item--292009"> <div class="visu-mea large-image"><div class="pic"> <div class="field field-name-field-illustration-std-image field-type-image field-label-hidden"> <div class="field-item even "><img typeof="foaf:Image" src="http://www.kafyeda.com//sites/default/files/styles/page/public/images/illustrations/graphique4billet160fr.png?itok=0vY1oKmQ" alt="Graphique 4 : Représentation des classes sur le premier plan factoriel" /></div></div><i class="bg-icon icon-Search bottom-right-position"></i></div><div class="description"><strong class="title">Graphique 4 : Représentation des classes sur le premier plan factoriel</strong> <span class="legend"> Source : Enquête Mensuelle de Conjoncture (Banque de France)</span></div></div></div> <div class="entity entity-paragraphs-item paragraphs-item-body" about="" typeof="" id="paragraphs-item--292010"> <div class="field field-name-field-parag-body field-type-text-long field-label-hidden"><div class="field-item even rich-text"><p align="left"><em>Note&nbsp;: Le premier plan factoriel de l’analyse en composante principale restitue 82% de la dispersion du nuage. La proximité de deux secteurs traduit leur ressemblance du point de vue des 4 thématiques activité partielle, télétravail, fermetures et absences diverses.</em></p><p>Cette partition du plan factoriel éclaire les trois groupes de la classification. En bas à gauche, figurent les industries de première nécessité en période de confinement sanitaire (13 secteurs)&nbsp;: la pharmacie, l’agro-alimentaire (hors boulangerie industrielle), la chimie (hors hygiène-parfumerie) et, tiré par celles-ci, l’emballage papier, carton ou plastique. En haut à gauche, figurent les services dont l’exécution ne nécessite pas ou peu de contact physique, et ayant massivement recours au télétravail (14 secteurs)&nbsp;: activités informatiques, services juridiques et comptables, conseil en gestion, et, dans une moindre mesure, services d’architecture, d’ingénierie et techniques ou les études de marché et les services publicitaires.</p><p>Au milieu à droite, figure la très large majorité (71 secteurs) des activités n’ayant pu se poursuivre sur site, et dont la teneur se prête mal au télétravail. Cette classe, plus volumineuse, peut elle-même être ordonnée par gravité d’impact croissante de la gauche vers la droite. Autour du centre du graphique, figurent des activités moins gravement pénalisées par le confinement et à la frontière de la classe 1 (produits informatiques, transport de fret routier, hygiène-parfumerie) ou de la classe 2 (interim). Immédiatement à droite de l’axe, plus fortement affectés, figurent le reste de l’industrie (en particulier automobile, aéronautique), le batiment et les activités de spectacle. Enfin, à l’extrême droite, et les plus fortement impactés par le confinement en termes d’activité, les services à la personne&nbsp;: h?tels, restaurants, coiffeurs et location automobile.</p><p>Le graphique 1 fait apparaitre le lien entre les formes&nbsp; d’organisation des secteurs et les résultats publiés dans le <a href="http://www.kafyeda.com/statistiques/conjoncture/enquetes-de-conjoncture/point-de-conjoncture">point de conjoncture</a> de début avril. Il montre que les différences d’organisation d’une classe à l’autre se traduisent bien par des écarts de niveau dans l’activité et la trésorerie.</p><p>C’est tout l’intérêt de l’analyse textuelle des commentaires libres&nbsp;: approfondir le diagnostic conjoncturel en apportant, à un niveau sectoriel fin, une information nouvelle sur les aménagements liés au confinement, au sein des entreprises.</p></div></div></div> </div> <div class="field field-name-field-mots-clefs-blog field-type-taxonomy-term-reference field-label-hidden"> <div class="field-item even "><a href="/noindex/mots-clefs-blog/developpement-economique-actuel_1517832128" typeof="skos:Concept" property="rdfs:label skos:prefLabel">Développement économique actuel</a></div></div> Thu, 07 May 2020 13:55:39 +0000 aline.anfry 281957 at http://www.kafyeda.com http://www.kafyeda.com/billet-de-blog/adaptation-des-entreprises-au-confinement-lapport-de-lanalyse-textuelle#comments La récession actuelle et les précédentes : un regard sur longue période http://www.kafyeda.com/billet-de-blog/la-recession-actuelle-et-les-precedentes-un-regard-sur-longue-periode <span class="date-display-single" property="dc:date" datatype="xsd:dateTime" content="2020-04-27T16:00:00+02:00">Publié le 27/04/2020</span> <div class="field field-name-field-author-text field-type-text-long field-label-hidden"> <div class="field-item even rich-text"><p>Par <a href="http://www.kafyeda.com/antonin-bergeaud">Antonin Bergeaud</a>, <a href="http://www.kafyeda.com/economie/economistes-et-chercheurs/gilbert-cette">Gilbert Cette</a>, <a href="http://www.kafyeda.com/economie/economistes-et-chercheurs/remy-lecat">Rémy Lecat</a></p></div></div><div class="chapeau"><p>La récession actuelle devrait être moins profonde que la Grande Dépression de 1929, mais plus que la Grande Récession de 2008. Elle pourrait être moins longue que ces deux crises financières en raison de la nature temporaire et exogène du choc qui en est à l’origine. Elle pourrait favoriser le déploiement de l’économie numérique, ce qui dynamiserait la productivité et la croissance.</p> </div> <div class="field field-name-field-main-illustration field-type-image field-label-hidden"> <div class="field-item even "><img typeof="foaf:Image" src="http://www.kafyeda.com//sites/default/files/styles/page/public/graphique_1a_billet_159_vf.png?itok=TwGekHvY" alt="Graphique 1a : La récession actuelle au regard des précédentes. Zone euro" /></div></div><strong class="title">Graphique 1a : La récession actuelle au regard des précédentes. Zone euro.</strong><span class="legend"> Source : www.longtermproductivity.com Note : Croissance du PIB en %, périodes de guerre en pointillés, estimations FMI en orange</span> <div class="paragraphs-items paragraphs-items-field-publication-body paragraphs-items-field-publication-body-rss paragraphs-items-rss"> <div class="entity entity-paragraphs-item paragraphs-item-body" about="" typeof="" id="paragraphs-item--289295"> <div class="field field-name-field-parag-body field-type-text-long field-label-hidden"><div class="field-item even rich-text"><p>La pandémie du COVID-19 qui frappe actuellement l’ensemble des pays a des effets directs défavorables sur l’activité économique et donc sur la croissance du PIB. Ces effets sont amplifiés par le nécessaire déploiement de politiques sanitaires, sur des périodes plus ou moins longues et de fa?on plus ou moins intense selon les pays. Ces politiques visent à protéger la population en ralentissant la diffusion de la pandémie mais affaiblissent tant l’offre productive que la demande des agents. Les dernières prévisions publiées par le FMI envisagent ainsi en moyenne sur l’ensemble de l’année 2020 une contraction du PIB de 7,5&nbsp;% dans la Zone euro, de 5,9&nbsp;% aux états-Unis (Graphiques 1a et 1b), 6,5&nbsp;% au Royaume-Uni et 5,2 % au Japon (Graphique 2). Le FMI précise que ces estimations pourraient être fortement révisées selon l’évolution de la pandémie. Ces prévisions envisagent également un fort rebond en 2021, qui n’effacerait pas la perte de PIB de l’année précédente (respectivement 4,7&nbsp;%, 4,7&nbsp;%, 4&nbsp;% et 3&nbsp;%).</p></div></div></div> <div class="entity entity-paragraphs-item paragraphs-item-illustration-standard" about="" typeof="" id="paragraphs-item--289296"> <div class="visu-mea large-image"><div class="pic"> <div class="field field-name-field-illustration-std-image field-type-image field-label-hidden"> <div class="field-item even "><img typeof="foaf:Image" src="http://www.kafyeda.com//sites/default/files/styles/page/public/images/illustrations/graphique1bbillet159vfi.png?itok=7jUE4idm" alt="Graphique 1b : La récession actuelle au regard des précédentes. Etats-Unis" /></div></div><i class="bg-icon icon-Search bottom-right-position"></i></div><div class="description"><strong class="title">Graphique 1b : La récession actuelle au regard des précédentes. Etats-Unis.</strong> <span class="legend"> Source : www.longtermproductivity.com Note : Croissance du PIB en %, périodes de guerre en pointillés, estimations FMI en orange</span></div></div></div> <div class="entity entity-paragraphs-item paragraphs-item-illustrations-doubles" about="" typeof="" id="paragraphs-item--289302"> <div class="row"> <div class="field-collection-container clearfix"><div class="illustration-double-item col-lg-6 col-md-6 col-sm-6 col-xs-12"> <div class="mosaic-block image-style-- caption-img"><div class="mosaic-backdrop"> <div class="field field-name-field-illustration-std-image field-type-image field-label-hidden"> <div class="field-item even "><img typeof="foaf:Image" src="http://www.kafyeda.com//sites/default/files/styles/page/public/graphique2abillet159vf.png?itok=WeRHVKG1" alt="Graphique 2 : La récession actuelle au regard des précédentes. Royaume-Uni et Japon" /></div></div></div><div class="mosaic-overlay"><div class="infos"><strong class="title">Graphique 2 : La récession actuelle au regard des précédentes. Royaume-Uni.</strong> <span class="legend"> Source : www.longtermproductivity.com Note : Croissance du PIB en %, périodes de guerre en pointillés, estimations FMI en orange</span></div><i class="bg-icon icon-Search bottom-right-position"></i></div><i class="bg-icon icon-Infos bottom-right-position"></i></div></div><div class="illustration-double-item col-lg-6 col-md-6 col-sm-6 col-xs-12"> <div class="mosaic-block image-style-- caption-img"><div class="mosaic-backdrop"> <div class="field field-name-field-illustration-std-image field-type-image field-label-hidden"> <div class="field-item even "><img typeof="foaf:Image" src="http://www.kafyeda.com//sites/default/files/styles/page/public/graphique2bbillet159vf.png?itok=UkodXHPa" alt="Graphique 2 : La récession actuelle au regard des précédentes. Royaume-Uni et Japon" /></div></div></div><div class="mosaic-overlay"><div class="infos"><strong class="title">Graphique 2 : La récession actuelle au regard des précédentes. Japon.</strong> <span class="legend"> Source : www.longtermproductivity.com Note : Croissance du PIB en %, périodes de guerre en pointillés, estimations FMI en orange</span></div><i class="bg-icon icon-Search bottom-right-position"></i></div><i class="bg-icon icon-Infos bottom-right-position"></i></div></div></div> </div> </div> <div class="entity entity-paragraphs-item paragraphs-item-body" about="" typeof="" id="paragraphs-item--289298"> <div class="field field-name-field-parag-body field-type-text-long field-label-hidden"><div class="field-item even rich-text"><h2>Une récession moins profonde que celle de 1929 mais plus que celle de 2008</h2><p>Un regard sur longue période, ici depuis 1870, montre qu’en dehors des deux conflits mondiaux du XXème siècle, seule la Grande Dépression des années 1930 s’est caractérisée par une contraction annuelle du PIB de cette ampleur, sinon à ce stade encore supérieure (cf. Graphique 1). Ainsi, durant la Grande Dépression, la zone euro actuelle a connu trois années de baisses&nbsp;? successives de son PIB, -3,9%, -6,2% et -4,2% entre 1929 et 1932, sans rebond significatif avant la fin de la seconde guerre mondiale. Au même moment, les états-Unis ont vu leur PIB se contracter de 8,5%, 6,4% et 12,9% sur ces trois années, avant toutefois de connaitre plusieurs années de fortes hausses&nbsp;? L’impact de la crise de 1929 sur l’économie est donc à ce stade encore nettement plus fort et plus prolongé que celui de la crise en cours. Ainsi, par rapport à sa tendance de croissance entre 1919 et 1929, la perte de PIB cumulée sur les années de crise (1930-1932) par la zone euro est de 740 milliards d’euros de 2015, c’est à dire 64% de son PIB de 1929. Pour la période 2020-2021, la perte de PIB par rapport à la tendance précédente pourrait s’élever dans la zone euro à 1600 milliards d’euros de 2015, soit 14% de son PIB de 2019 (sur la base des projections du FMI).</p></div></div></div> <div class="entity entity-paragraphs-item paragraphs-item-illustration-standard" about="" typeof="" id="paragraphs-item--289299"> <div class="visu-mea large-image"><div class="pic"> <div class="field field-name-field-illustration-std-image field-type-image field-label-hidden"> <div class="field-item even "><img typeof="foaf:Image" src="http://www.kafyeda.com//sites/default/files/styles/page/public/images/illustrations/graphique3abillet159vf.png?itok=S3nJgUpL" alt="Graphique 3a : PIB de la zone euro au cours de la crise de 1929" /></div></div><i class="bg-icon icon-Search bottom-right-position"></i></div><div class="description"><strong class="title">Graphique 3a : PIB de la zone euro au cours de la crise de 1929.</strong> <span class="legend"> Source : www.longtermproductivity.com Note : en log, indice 1 en début de périodes - 1922 -, tendance sur le début de période en pointillés</span></div></div></div> <div class="entity entity-paragraphs-item paragraphs-item-illustration-standard" about="" typeof="" id="paragraphs-item--289300"> <div class="visu-mea large-image"><div class="pic"> <div class="field field-name-field-illustration-std-image field-type-image field-label-hidden"> <div class="field-item even "><img typeof="foaf:Image" src="http://www.kafyeda.com//sites/default/files/styles/page/public/images/illustrations/graphique3bbillet159vf.png?itok=H8dQIo-2" alt="Graphique 3b : PIB de la zone euro au cours de la crise de 2008" /></div></div><i class="bg-icon icon-Search bottom-right-position"></i></div><div class="description"><strong class="title">Graphique 3b : PIB de la zone euro au cours de la crise de 2008.</strong> <span class="legend"> Note : en log, indice 1 en début de périodes - 2002 -, tendance sur le début de période en pointillés</span></div></div></div> <div class="entity entity-paragraphs-item paragraphs-item-body" about="" typeof="" id="paragraphs-item--289301"> <div class="field field-name-field-parag-body field-type-text-long field-label-hidden"><div class="field-item even rich-text"><p>La crise financière des années 2008-2009 semblait jusqu’ici être le second épisode notable de contraction du PIB de l’histoire moderne et a été ainsi nommée ?&nbsp;Grande Récession&nbsp;?. Pour autant, l’ampleur de la contraction du PIB en cours devrait lui être très supérieure. La récession associée au COVID-19 devrait à ce titre devenir, par son impact sur la croissance, la plus profonde depuis longtemps, après bien s?r la Grande Dépression.</p><p>Toutefois, une différence importante pourrait intervenir. La Grande Dépression qui est également une crise financière a été suivie d’un rattrapage qui a pris plusieurs années et ce malgré un contexte technologique très favorable (<a href="https://www.nber.org/papers/w7752.pdf">Gordon, 2000</a>). Aux états-Unis, le niveau de 1929 est atteint à nouveau en 1936, pour la zone euro en 1937&nbsp;(cf. Graphique 3); la croissance est revenue sur la même tendance qu’avant la crise après quelques années (avant l’interruption par la seconde guerre mondiale pour la zone euro), mais en restant très loin de son niveau tendanciel. La crise financière de la fin de la décennie 2000 a été suivie d’un retour à une croissance plus faible que sur la période antérieure, sans rattrapage significatif immédiat des pertes de PIB. De nombreux travaux montrent à cet égard que les crises financières auraient des effets très durables sur le PIB (<a href="https://books.google.co.uk/books?hl=fr&amp;lr=&amp;id=ak5fLB24ircC&amp;oi=fnd&amp;pg=PP1&amp;dq=related:mBidRg5PGioQOM:scholar.google.com/&amp;ots=S1PjFzvr4A&amp;sig=Yp7dGgII4g-G5-W1gN7K3RLxJ5Y#v=onepage&amp;q&amp;f=false">Reinhard et Rogoff, 2009</a>). Notamment parce que la période précédant les crises financières se caractérise par un mode de croissance non durablement soutenable, par exemple parce que basée sur une croissance continue des taux d’endettement qui dynamise la demande.</p><h2>Un rebond plus rapide que lors des crises de 1929 et 2008&nbsp;?</h2><p>La trajectoire de sortie de crise liée au Covid-19 sera largement commandée par les politiques sanitaires visant à protéger les populations, et qui pourront influencer le dynamisme tant de l’offre que de la demande. Ensuite, elle dépendra de l’état de l’outil de production en sortie de crise et de la dynamique de la force de travail efficace ainsi que de celle de la productivité.</p><p>Concernant l’outil de production, tous les pays ont engagé des politiques tant monétaires que budgétaires d’une ampleur sans précédent historique afin de réduire les risques de destruction de capital liés aux faillites des entreprises. Certes, l’investissement devrait être transitoirement affaibli durant la crise, mais le redémarrage économique devrait être largement facilité par le maintien en état de marche de l’outil de production.</p><p>Concernant la force de travail, les réactions des différents pays sont très contrastées, et liées aux différents contextes institutionnels. Certains comme les états-Unis laissent grandement jouer les mécanismes de marché, avec des licenciements en grand nombre et une forte augmentation des inscriptions au ch?mage, exposant les travailleurs concernés aux risques économiques ainsi que de perte de capital humain, mais facilitant les réallocations du travail au moment de la reprise. D’autres, comme la France, ont déployé de puissants, quoiqu’onéreux, dispositifs protecteurs comme le <a href="https://blocnotesdeleco.banque-france.fr/billet-de-blog/lactivite-partielle-un-outil-precieux-en-temps-de-crise">ch?mage partiel</a> facilitant le maintien des travailleurs dans l’entreprise et réduisant ainsi les risques de perte de capital humain.&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;&nbsp;</p><p>Concernant la productivité enfin, la crise du COVID-19 s’est amorcée à une époque où, hors période de guerre, ses rythmes de croissance étaient <a href="http://www.csls.ca/ipm/32/Bergeaud_Cette_Lecat%20Version%202.pdf">historiquement bas dans tous les pays</a>. Il est tout à fait envisageable que ces rythmes demeurent faibles en sortie de crise et qu’ils soient même davantage pénalisés par un environnement international incertain pendant plusieurs années. De ce point de vue, les mesures prises par les institutions multilatérales pour stabiliser les pays en développement (moratoire sur la dette, prêts du FMI…) ou la coopération entre pays pour limiter les tensions financières (notamment swap entre banques centrales en dollars) pourraient contribuer à réduire le choc d’incertitude que constitue cette crise.</p><h2>Le scénario d’un déploiement de l’économie numérique</h2><p>Pour autant, un autre scénario plus favorable est envisageable&nbsp;: celui d’une accélération de la productivité résultant d’un choc d’utilisation du numérique qui a accompagné les politiques sanitaires et en particulier les périodes de confinement. Il s’agit là de la véritable entrée généralisée dans l’ère du travail numérique. Cela se traduit par exemple par un développement massif du télétravail dont la DARES indique qu’il pourrait concerner près de 40% des emplois en France, cette proportion étant évaluée à 34% aux états-Unis par <a href="https://www.nber.org/papers/w26948">Dingel et Neiman (2020)</a>. Ces formes de travail permettent une économie de temps (de transport en particulier) et un bouleversement de la demande d’immobilier commercial par les entreprises. Les gains de productivité associés concerneraient d’abord les activités de services dont la part est maintenant dominante dans l’économie.</p><p><a href="http://www.csls.ca/ipm/31/vanark.pdf">Bart van Ark (2016)</a> écrivait que l’économie numérique serait encore dans sa ?&nbsp;phase d’installation&nbsp;? précédant une ?&nbsp;phase de déploiement&nbsp;?. La crise du COVID-19 peut faciliter cette transition rapide vers cette ?&nbsp;phase de déploiement&nbsp;? de l’économie numérique, associée à des gains de productivité importants porteurs d’un retour à une croissance plus forte. Cela faciliterait le financement d’une baisse de l’endettement largement augmenté par les politiques de soutien et de protection déployées dans la crise.</p><p>&nbsp;</p><p>&nbsp;</p></div></div></div> </div> <div class="field field-name-field-mots-clefs-blog field-type-taxonomy-term-reference field-label-hidden"> <div class="field-items"> <div class="field-item even "><a href="/noindex/mots-clefs-blog/croissance-long-terme_1517832103" typeof="skos:Concept" property="rdfs:label skos:prefLabel">Croissance à long terme</a></div> <div class="field-item odd "><a href="/noindex/mots-clefs-blog/developpement-economique-actuel_1517832128" typeof="skos:Concept" property="rdfs:label skos:prefLabel">Développement économique actuel</a></div></div></div> Mon, 27 Apr 2020 09:47:43 +0000 Gerard EDMOND 279252 at http://www.kafyeda.com http://www.kafyeda.com/billet-de-blog/la-recession-actuelle-et-les-precedentes-un-regard-sur-longue-periode#comments L’activité partielle, un outil précieux en temps de crise http://www.kafyeda.com/billet-de-blog/lactivite-partielle-un-outil-precieux-en-temps-de-crise <span class="date-display-single" property="dc:date" datatype="xsd:dateTime" content="2020-04-20T16:15:00+02:00">Publié le 20/04/2020</span> <div class="field field-name-field-author-text field-type-text-long field-label-hidden"> <div class="field-item even rich-text"><p>Par <a href="http://www.kafyeda.com/economie/economistes-et-chercheurs/clemence-berson">Clémence Berson</a>, Hadrien Camatte et <a href="http://www.kafyeda.com/sandra-nevoux">Sandra Nevoux&nbsp;</a></p></div></div><div class="chapeau"><p>Le dispositif d’activité partielle a été récemment renforcé pour limiter les répercussions de la pandémie de Covid-19 sur l’emploi. En prévenant les licenciements face à des difficultés temporaires, la réduction des heures travaillées permet de conserver le capital humain dans l’entreprise et favorise la reprise de l’activité. Il convient toutefois de prévenir certains effets d’aubaine, hors des périodes de crise, même si ceux-ci restent en général faibles au regard des bénéfices en temps de crise.</p> </div> <div class="field field-name-field-main-illustration field-type-image field-label-hidden"> <div class="field-item even "><img typeof="foaf:Image" src="http://www.kafyeda.com//sites/default/files/styles/page/public/billet_158_graphique_1_vf.png?itok=QzX3-FcA" alt="Graphique 1 Développement de l’activité partielle en France pour motif de Covid-19 (1er mars – 14 avril 2020)" /></div></div> <div class="field field-name-field-custom-print-pdf field-type-file field-label-hidden"> <div class="field-item even "><span class="file"><img class="file-icon" alt="PDF icon" title="application/pdf" src="/modules/file/icons/application-pdf.png" /> <a href="/sites/default/files/billet_158_correct_vf.pdf" type="application/pdf; length=542678">billet_158_correct_vf.pdf</a></span></div></div><strong class="title">Graphique 1 : Développement de l’activité partielle en France pour motif de Covid-19 (1er mars – 14 avril 2020).</strong><span class="legend"> Source : Dares. Note : En France, le nombre de demandes d’activité partielle pour motif de Covid-19 s’élevait à 904 000 au 14 avril 2020, soit 8,7 millions de salariés (34 % de l’emploi salarié). </span> <div class="paragraphs-items paragraphs-items-field-publication-body paragraphs-items-field-publication-body-rss paragraphs-items-rss"> <div class="entity entity-paragraphs-item paragraphs-item-body" about="" typeof="" id="paragraphs-item--287185"> <div class="field field-name-field-parag-body field-type-text-long field-label-hidden"><div class="field-item even rich-text"><p>L’activité partielle, plus connue sous le nom de ch?mage partiel en France et de <em>Kurzarbeit</em> en Allemagne, permet aux établissements confrontés à des difficultés conjoncturelles de diminuer le nombre d’heures travaillées de tout ou partie de leurs salariés. Ces derniers re?oivent une compensation pour ces heures ch?mées, partiellement ou intégralement financée par les pouvoirs publics.</p><h2>Le recours à l’activité partielle atteint de nouveaux sommets avec la pandémie de Covid-19</h2><p>Depuis début mars 2020, l’urgence sanitaire déclenchée par le Covid-19 a conduit de nombreux gouvernements, notamment fran?ais et allemand, à restreindre les mouvements de leurs citoyens et à ordonner la fermeture des commerces jugés ?&nbsp;non essentiels&nbsp;?. Ces restrictions ont entra?né l’arrêt d’une grande partie de l’économie.</p><p>Les premiers indicateurs conjoncturels disponibles pour mars 2020 font état d’une chute de l’activité sans précédent sur un mois. Le PMI composite (graphique 2a) a touché son plus faible niveau historique en France, à 28,9 (-23 points par rapport à février), mais aussi en Allemagne à 35,0 (-16 points sur un mois). La composante relative à l’emploi, qui représente 20&nbsp;% du total de l’indice, a également connu un fléchissement inédit en mars (-8 points en France et -9 points en Allemagne (graphique 2b), en particulier dans les services). Dans son point de conjoncture de mars 2020, la <a href="http://www.kafyeda.com/statistiques/conjoncture/enquetes-de-conjoncture/point-de-conjoncture">Banque de France</a> estime que chaque quinzaine de confinement entraine, toutes choses égales par ailleurs, une perte de PIB annuel proche de -1,5&nbsp;%.</p><p>&nbsp;</p></div></div></div> <div class="entity entity-paragraphs-item paragraphs-item-illustration-standard" about="" typeof="" id="paragraphs-item--287186"> <div class="visu-mea large-image"><div class="pic"> <div class="field field-name-field-illustration-std-image field-type-image field-label-hidden"> <div class="field-item even "><img typeof="foaf:Image" src="http://www.kafyeda.com//sites/default/files/styles/page/public/images/illustrations/billet158graphique2avf.png?itok=JfDASR6G" alt="Graphique 2a PMI composite, France et Allemagne" /></div></div><i class="bg-icon icon-Search bottom-right-position"></i></div><div class="description"><strong class="title">Graphique 2a : PMI composite, France et Allemagne.</strong> <span class="legend"> Source : Markit</span></div></div></div> <div class="entity entity-paragraphs-item paragraphs-item-illustration-standard" about="" typeof="" id="paragraphs-item--287187"> <div class="visu-mea large-image"><div class="pic"><i class="bg-icon icon-Search bottom-right-position"></i></div></div></div> <div class="entity entity-paragraphs-item paragraphs-item-illustration-standard" about="" typeof="" id="paragraphs-item--287188"> <div class="visu-mea large-image"><div class="pic"> <div class="field field-name-field-illustration-std-image field-type-image field-label-hidden"> <div class="field-item even "><img typeof="foaf:Image" src="http://www.kafyeda.com//sites/default/files/styles/page/public/images/illustrations/billet158graphique2bvf.png?itok=4Bmav3Ub" alt="Graphique 2b PMI composite, composante emploi, France et Allemagne" /></div></div><i class="bg-icon icon-Search bottom-right-position"></i></div><div class="description"><strong class="title">Graphique 2b : PMI composite, composante emploi, France et Allemagne.</strong> <span class="legend"> Source : Markit</span></div></div></div> <div class="entity entity-paragraphs-item paragraphs-item-body" about="" typeof="" id="paragraphs-item--287189"> <div class="field field-name-field-parag-body field-type-text-long field-label-hidden"><div class="field-item even rich-text"><p>Les gouvernements fran?ais et allemand ont réformé le dispositif d’activité partielle afin d’en favoriser le recours et amortir le choc économique. En France, le financement des heures ch?mées est désormais intégralement pris en charge par l’état et l’Unédic dans la limite de 4,5 Smic horaires nets. La procédure de recours a été simplifiée, avec notamment la réduction des délais d’instruction des demandes. <a href="https://dares.travail-emploi.gouv.fr/dares-etudes-et-statistiques/tableaux-de-bord/marche-du-travail-pendant-le-covid-19/article/situation-sur-le-marche-du-travail-au-14-avril-2020">Selon l’indicateur hebdomadaire de la Dares au 14 avril 2020</a>, 732&nbsp;000 entreprises et près de 8,7 millions de personnes sont concernées par l’activité partielle, soit 34&nbsp;% de l’emploi salarié.</p><p>En Allemagne, le dispositif a été <a href="https://www.bundesregierung.de/breg-fr/dossier/kabinett-kurzarbeitergeld-1729902">élargi</a> aux intérimaires et son recours facilité : une entreprise pourra faire une demande d’activité partielle dès lors qu’au moins 10&nbsp;% de ses employés sont potentiellement concernés par une interruption de travail (contre 30&nbsp;% auparavant). D’autres contraintes, liées à l’épuisement des comptes épargne temps des salariés, sont également relachées. Depuis le début de la pandémie (au 13/04), 725&nbsp;000 entreprises ont sollicité l’Agence fédérale pour l’emploi en vue de recourir à l’activité partielle, à comparer à 1&nbsp;900 pour le mois de février.</p><h2>Un dispositif éprouvé pendant la Grande Récession</h2><p>L’activité partielle a déjà été utilisée comme instrument de sauvegarde de l’emploi durant la Grande Récession de 2008-2009 en France et surtout en Allemagne (<a href="https://publications.banque-france.fr/sites/default/files/medias/documents/wp692.pdf">Cahuc <em>et al., </em>2018</a> et Balleer <em>et al.</em>, 2016, respectivement). En Allemagne, la mise en ?uvre d’accords collectifs sur le temps de travail et la rémunération a largement contribué au ?&nbsp;miracle&nbsp;?&nbsp;du marché du travail (<a href="https://www.cairn.info/revue-francaise-d-economie-2010-2-page-137.htm?contenu=resume">Barthelemy et Cette, 2011&nbsp;;</a>&nbsp;Boulin et Cette, 2013).</p><p>Ainsi, le PIB a reculé de 5,6&nbsp;% en 2009 en Allemagne sans que cela n’ait entrainé un effondrement de l’emploi et une envolée du taux de ch?mage (graphique 3a). En France, le PIB a moins baissé (-2,8&nbsp;%), mais les destructions d’emploi ont augmenté et le taux de ch?mage s’est accru durablement (graphique 3b). En moyenne sur l’année 2009, le recours à l’activité partielle pour motif conjoncturel a concerné 3,0&nbsp;% de l’emploi salarié en Allemagne, contre 1,3&nbsp;% en France.</p></div></div></div> <div class="entity entity-paragraphs-item paragraphs-item-illustration-standard" about="" typeof="" id="paragraphs-item--287190"> <div class="visu-mea large-image"><div class="pic"> <div class="field field-name-field-illustration-std-image field-type-image field-label-hidden"> <div class="field-item even "><img typeof="foaf:Image" src="http://www.kafyeda.com//sites/default/files/styles/page/public/images/illustrations/billet158graphique3avf.png?itok=h_1VHob4" alt="Graphique 3a Allemagne Croissance, emploi total et taux de ch?mage" /></div></div><i class="bg-icon icon-Search bottom-right-position"></i></div><div class="description"><strong class="title">Graphique 3a : Allemagne Croissance, emploi total et taux de ch?mage.</strong> <span class="legend"> Source : Eurostat</span></div></div></div> <div class="entity entity-paragraphs-item paragraphs-item-illustration-standard" about="" typeof="" id="paragraphs-item--287191"> <div class="visu-mea large-image"><div class="pic"> <div class="field field-name-field-illustration-std-image field-type-image field-label-hidden"> <div class="field-item even "><img typeof="foaf:Image" src="http://www.kafyeda.com//sites/default/files/styles/page/public/images/illustrations/billet158graphique3bvf.png?itok=pkcD58Ql" alt="Graphique 3b France Croissance, emploi total et taux de ch?mage" /></div></div><i class="bg-icon icon-Search bottom-right-position"></i></div><div class="description"><strong class="title">Graphique 3b : France Croissance, emploi total et taux de ch?mage.</strong> <span class="legend"> Source : Eurostat</span></div></div></div> <div class="entity entity-paragraphs-item paragraphs-item-body" about="" typeof="" id="paragraphs-item--287192"> <div class="field field-name-field-parag-body field-type-text-long field-label-hidden"><div class="field-item even rich-text"><h2>Mais avec des différences de législation entre la France et l’Allemagne</h2><p>Dans les deux pays, le salarié re?oit une indemnité pour chaque heure ch?mée à hauteur de 60 à 84&nbsp;% de son salaire horaire net. Cette indemnité ne peut cependant être inférieure au Smic horaire en France. La durée maximale d’indemnisation est désormais limitée à douze mois en France, dans la limite de 1&nbsp;607 heures par salarié et par an, et peut être allongée par décret en Allemagne, selon la situation conjoncturelle du pays ou d’un secteur en particulier.</p><p>Il existe trois différences principales en termes de législation entre la France et l’Allemagne, atténuées depuis la crise du Covid-19. Premièrement, l’activité partielle comprend les contrats atypiques comme les CDD et les intérimaires en France, alors qu’en Allemagne, elle ne concerne pas les mini-jobs et les intérimaires n’ont été pris en compte qu’à partir d’avril 2020. Deuxièmement, le paiement s’effectue par l’entreprise en France, celle-ci étant ensuite remboursée par l’état et l’Unédic (à hauteur de 7,23€/h pour les entreprises de plus de 250 salariés et 7,74€/h pour les plus petites&nbsp;; à noter que l’indemnité est intégralement prise en charge depuis le 17/03). En Allemagne, l’allocation est intégralement prise en charge par les pouvoirs publics, allégeant ainsi les contraintes financières des entreprises. Cette différence est susceptible d’expliquer le recours plus soutenu à l’activité partielle en Allemagne en 2009. Troisièmement, le niveau des difficultés est laissé à l’appréciation de l'administration en France, alors que le dispositif allemand comprend des seuils de déclenchement du recours à l’activité partielle en termes de proportion d’effectif et/ou d’heures concernées, ce qui permet de mieux cibler les entreprises en difficultés. L’entreprise doit également avoir épuisé toutes les autres options pouvant l'aider à éviter le recours à l’activité partielle. Ces conditions ont été partiellement relachées depuis la crise du Covid-19.</p><h2>Un dispositif plébiscité dans une Europe confinée</h2><p>En Europe, l’activité partielle constitue une mesure phare de lutte contre la crise liée au Covid-19. De nombreux pays européens ont engagé des réformes de ce dispositif ou l’ont créé (Grèce, Suède). Le dispositif est ainsi généralement plus généreux à l’égard des salariés et/ou des entreprises (Autriche, Belgique, Irlande, Pays-Bas, Royaume-Uni), la procédure est simplifiée (Autriche, Espagne, Finlande) ou l’assiette a été élargie pour bénéficier à certaines catégories de salariés exclues jusque-là (Espagne).</p><p>En vue d’encourager ces initiatives, la Commission Européenne a d’ailleurs annoncé le 2 avril 2020 l’instauration d’un mécanisme d’assistance financière destiné à protéger les emplois menacés par la pandémie. Il serait doté d’une enveloppe de 100 Md€ octroyée sous forme de prêts à des conditions avantageuses aux états membres pour encourager la création ou l’extension de dispositifs nationaux tels que l’activité partielle.</p><p>Cependant, s’il permet la sauvegarde de l’emploi, le dispositif d’activité partielle peut également être assorti d'effets pervers, notamment s’il est utilisé de manière prolongée en dehors de périodes de crise. Certaines entreprises n’ayant pas de difficultés peuvent être tentées d’y recourir pour des raisons de profitabilité, grevant les finances publiques pour un effet négatif sur les heures travaillées sans gain pour l’emploi (effet d’aubaine). D’autres, en difficultés structurelles, seraient tentées d’y recourir et ainsi de retarder voire d’empêcher la réallocation de leur main-d’?uvre vers des secteurs d'activité plus productifs. Ces effets négatifs entrainent une perte de production agrégée par rapport à l'optimum social (<a href="https://publications.banque-france.fr/sites/default/files/medias/documents/wp693.pdf">Cahuc et Nevoux, 2018</a>&nbsp;; <a href="https://www.nber.org/papers/w23688.pdf">Cooper <em>et al.</em>, 2017</a>). Cependant, ces effets restent relativement faibles au regard des bénéfices de l’activité partielle en temps de crise.</p><p>&nbsp;</p></div></div></div> </div> <div class="field field-name-field-mots-clefs-blog field-type-taxonomy-term-reference field-label-hidden"> <div class="field-item even "><a href="/noindex/mots-clefs-blog/developpement-economique-actuel_1517832128" typeof="skos:Concept" property="rdfs:label skos:prefLabel">Développement économique actuel</a></div></div> Mon, 20 Apr 2020 09:39:00 +0000 Myriam 277203 at http://www.kafyeda.com http://www.kafyeda.com/billet-de-blog/lactivite-partielle-un-outil-precieux-en-temps-de-crise#comments L’action des banques centrales pour aider l’économie à survivre au Covid-19 http://www.kafyeda.com/billet-de-blog/laction-des-banques-centrales-pour-aider-leconomie-survivre-au-covid-19 <span class="date-display-single" property="dc:date" datatype="xsd:dateTime" content="2020-04-15T12:00:00+02:00">Publié le 15/04/2020</span> <div class="field field-name-field-author-text field-type-text-long field-label-hidden"> <div class="field-item even rich-text"><p><ins cite="mailto:GAUCHER%20Nadine%20(UA%201489)" datetime="2020-04-15T10:48">Par </ins><a href="https://sites.google.com/site/florensodendahl/">Florens Odendahl</a>, <a href="http://www.kafyeda.com/economie/economistes-et-chercheurs/adrian-penalver">Adrian Penalver</a>, <a href="http://www.kafyeda.com/economie/economistes-et-chercheurs/urszula-szczerbowicz">Urszula Szczerbowicz</a></p></div></div><div class="chapeau"><p>Le Covid-19 constitue une urgence de santé publique. L’activité économique est suspendue en raison des indispensables mesures de confinement prises presque partout dans le monde. Les mesures ciblées des principales banques centrales adoptées face à cette crise économique ont de nombreux points communs, mais elles diffèrent dans les détails et dans leurs libellés.</p> </div> <div class="field field-name-field-main-illustration field-type-image field-label-hidden"> <div class="field-item even "><img typeof="foaf:Image" src="http://www.kafyeda.com//sites/default/files/styles/page/public/billet_157_graphique_1_vf_2.png?itok=kjidDurP" alt="Figure 1 : Calendrier des principales mesures prises par les banques centrales en réponse à la crise du Covid-19 " /></div></div> <div class="field field-name-field-custom-print-pdf field-type-file field-label-hidden"> <div class="field-item even "><span class="file"><img class="file-icon" alt="PDF icon" title="application/pdf" src="/modules/file/icons/application-pdf.png" /> <a href="/sites/default/files/billet_157_vf.pdf" type="application/pdf; length=352465">billet_157_vf.pdf</a></span></div></div><strong class="title">Figure 1 : Calendrier des principales mesures prises par les banques centrales en réponse à la crise du Covid-19 </strong><span class="legend"> Source : Banque de France.</span> <div class="paragraphs-items paragraphs-items-field-publication-body paragraphs-items-field-publication-body-rss paragraphs-items-rss"> <div class="entity entity-paragraphs-item paragraphs-item-body" about="" typeof="" id="paragraphs-item--285989"> <div class="field field-name-field-parag-body field-type-text-long field-label-hidden"><div class="field-item even rich-text"><p><i>Note&nbsp;: Le graphique présente un code couleur selon le principal canal de transmission (taux sans risque -rouge-<del cite="mailto:GAUCHER%20Nadine%20(UA%201489)" datetime="2020-04-15T10:52"> </del>, apport de liquidité aux clients des banques -vert- , soutien aux marchés de capitaux -bleu- , limitation des écarts de rendement -marron- , swaps -jaune- ), cf. texte. (Les mesures peuvent avoir plus d’un canal de transmission).</i></p><p align="left">Le Covid-19 est un coronavirus extrêmement virulent et mortel, qui se propage rapidement. Sans intervention des gouvernements face à la pandémie, les systèmes de santé auraient été submergés de malades nécessitant des traitements lourds.</p><p align="left">L’impératif médical d’imposer un confinement partiel ou général de la population a considérablement réduit l’activité économique avec un risque de faillites d’entreprises et une forte hausse du ch?mage. Dans ces circonstances, assurer un apport supplémentaire et&nbsp;temporaire de liquidité au profit des entreprises et des ménages s’est avéré essentiel. Parallèlement, l’augmentation de la volatilité sur les marchés financiers liée aux besoins en liquidité des investisseurs a nécessité d’autres mesures de politique monétaire ciblées. La figure&nbsp;1 présente le calendrier des mesures prises par les quatre principales banques centrales du G7&nbsp;: la Banque Centrale Européenne (BCE), la Banque du Japon (BdJ), la Réserve Fédérale des états-Unis (Fed) et la Banque d’Angleterre (BdA). à l’exception de la BdJ, qui a introduit un paquet de mesures unique, les principales banques centrales ont pris des mesures supplémentaires quand les estimations relatives aux perspectives économiques se sont détériorées.</p><h2 align="left">La crise économique actuelle est différente de la crise financière de 2008...</h2><p align="left">L’ampleur de la récession causée par le Covid-19 pourrait dépasser celle qui a suivi la faillite de Lehman Brothers en 2008. Son co?t final est très incertain et les estimations varient largement (selon le <a href="https://www.imf.org/en/Publications/WEO/Issues/2020/04/14/weo-april-2020">FMI</a>, l'économie mondiale devrait conna?tre une contraction de 3 % en 2020).</p><p align="left">L’une des principales différences par rapport à la crise financière est que les banques et les autres institutions financières sont en meilleure santé et ne sont pas à l’origine du choc. En&nbsp;dépit des très fortes baisses sur les marchés boursiers et de l’augmentation des <i>spreads</i> de risque, le système financier continue de fonctionner sans heurt.</p><p align="left">Aujourd’hui, ce sont principalement les entreprises et les ménages des pays dont les systèmes de protection sociale et les dispositifs de ch?mage partiel sont moins développés qui sont au c?ur de la crise. Les mesures de confinement prises à l’échelle mondiale ont suspendu l’activité économique dans l’ensemble des secteurs des services nécessitant une proximité physique, fortement contraint la production et les cha?nes d’approvisionnement, et perturbé l’offre de main-d’?uvre partout dans le monde. La perte de revenus et de pouvoir d’achat qui en résulte pour les ménages et les entreprises aggravera la récession (<a href="https://scholar.harvard.edu/files/straub/files/covid19_supply_demand.pdf">Guerrieri <i>et al.</i>, 2020</a>).</p><p align="left">Il est normal que les entreprises et ménages sous tension commencent à conserver leurs liquidités. Les entreprises essaient de se faire payer par leurs créanciers mais retardent le paiement de leurs fournisseurs. Or, cela nuit à la situation de liquidité du fournisseur et ainsi de suite. De même, la faillite d’une entreprise est susceptible d’entra?ner des faillites en cha?ne. De nombreuses entreprises en bonne santé pourraient dispara?tre avant la fin du confinement, entra?nant une augmentation rapide du taux de ch?mage.</p><h2 align="left">....nécessitant des réponses plus ciblées</h2><p align="left">Ces circonstances uniques appellent des réponses ciblées de la part des autorités (<a href="https://blogs.imf.org/2020/03/09/limiting-the-economic-fallout-of-the-coronavirus-with-large-targeted-policies/">Gopinath, 2020</a>). L’objectif n’est pas de stimuler aujourd’hui la demande attendue dans le futur, comme le ferait normalement la politique monétaire, dans la mesure où il est inutile d’accro?tre la demande immédiate lorsqu’il existe une contrainte sur l’offre. L’objectif consiste plut?t à préserver, autant que possible, des entreprises et des emplois viables jusqu’au retour à des conditions normales. La politique monétaire n’empêchera pas une récession économique, mais elle peut alléger son impact économique et contribuer à une reprise rapide.</p><p align="left">Les gouvernements ont pris des mesures d’urgence destinées à éviter les licenciements massifs, à autoriser des dispositifs de ch?mage partiel, à accorder des allègements fiscaux et des garanties de crédit, à soutenir les petites entreprises et à accro?tre les dépenses publiques de santé.</p><h2 align="left">Les banques centrales du monde entier ont pris des mesures pour soutenir l’économie</h2><p align="left">Les banques centrales ont également été très actives dans le cadre de leurs mandats en mettant en ?uvre diverses mesures à grande échelle en un mois, c’est-à-dire beaucoup plus rapidement que lors des crises précédentes. Bien que les modalités diffèrent selon la structure de l’économie, les mesures convergent globalement, comme le montre le code couleur de la figure&nbsp;1.</p><p align="left">Ces mesures soutiennent les flux de crédit à l’économie via les marchés financiers et le système bancaire, et, cette fois, mettent toutes l’accent sur la nécessité de préserver le financement du secteur des entreprises (en 2008-2009, l’accent était mis sur le financement hypothécaire).</p><p align="left">La figure&nbsp;2, ciblée sur la BCE, montre que ces mesures agissent par le biais de plusieurs canaux distincts&nbsp;: soutien direct à l’économie réelle via la baisse des taux d’intérêt sans risque&nbsp;; aide aux banques dans l’apport de liquidité à leurs clients, en particulier aux PME&nbsp;; soutien aux marchés de capitaux et offre de crédit&nbsp;; maintien de la possibilité de financement en dollars&nbsp;; et, dans la zone euro, maintien du mécanisme de transmission unique.</p><p align="left"><i>Maintien des taux d</i><i>’</i><i>intérêt sans risque à un bas niveau (code couleur rouge)</i></p><p align="left">Les banques centrales disposant d’une marge de man?uvre pour le faire ont abaissé leurs taux directeurs à court terme. La Fed et la BdA ont abaissé leurs taux directeurs à ce qu’elles considèrent comme leur plancher effectif, c’est-à-dire 0-0,25&nbsp;% et 0,1&nbsp;%, respectivement. La&nbsp;BCE et la BdJ menaient déjà des politiques monétaires très accommodantes avec des taux d’intérêt négatifs, de –&nbsp;0,5&nbsp;% et –&nbsp;0,1&nbsp;% respectivement.</p><p align="left">Même lorsque les taux directeurs à court terme sont déjà à zéro ou négatifs, les banques centrales peuvent encore stimuler la demande en abaissant les taux sans risque à moyen et long terme grace aux ?&nbsp;mesures non conventionnelles&nbsp;?. Elles ont par conséquent repris ou étendu leurs achats d’actifs à plus long terme. Outre l’enveloppe de 120&nbsp;milliards d’euros consacrée à des achats d’actifs supplémentaires dans le cadre de l’APP, la BCE a introduit un programme d’achats d’urgence face à la pandémie (<i>Pandemic Emergency Purchase Programme</i>, <a href="https://www.ecb.europa.eu/mopo/implement/pepp/html/index.en.html">PEPP</a>) de 750&nbsp;milliards d’euros. La Fed a annoncé un programme d’achats illimités et la BdA un programme de 200&nbsp;milliards de livres sterling. La Banque de réserve d’Australie a innové en annon?ant un programme d’achats d’obligations d’état afin de plafonner à 0,25&nbsp;% les rendements à trois ans.</p><p align="left">Les achats d’actifs à plus long terme font baisser les taux d’intérêt sans risque le long de la courbe, ce qui devrait se répercuter sur les entreprises et les ménages, allégeant ainsi les tensions financières durant cette période et favorisant la reprise lorsque le confinement prendra fin.</p><p align="left"><i>Aide aux banques dans la fourniture de liquidité à leurs clients, en particulier aux PME (code couleur vert)</i></p><p align="left">Le deuxième canal consiste à fournir une liquidité abondante aux banques et à les inciter davantage à répercuter cet apport sur leur clientèle. Cette mesure est particulièrement pertinente dans les économies qui ont fortement recours au crédit bancaire comme la zone euro. Pour cela, les banques centrales ont augmenté les montants disponibles dans les opérations de refinancement régulières. Elles ont également renforcé l’incitation pour les banques à consentir des prêts aux entreprises en assouplissant les conditions auxquelles elles peuvent emprunter si elles augmentent leurs crédits (les <a href="http://www.kafyeda.com/communique-de-presse/la-bce-annonce-un-assouplissement-des-conditions-des-nouvelles-operations-de-refinancement-plus-long">TLTRO III</a> pour la BCE, le <a href="https://www.bankofengland.co.uk/markets/market-notices/2020/term-funding-scheme-market-notice-mar-2020">TFSME</a> pour la BdA, et la <i>Main Street Loan Facility</i> (<a href="https://www.federalreserve.gov/newsevents/pressreleases/files/monetary20200409a4.pdf">MSELF</a> et <a href="https://www.federalreserve.gov/newsevents/pressreleases/files/monetary20200409a7.pdf">MSNLF</a>) ainsi que la <a href="https://www.federalreserve.gov/newsevents/pressreleases/files/monetary20200409a6.pdf">Paycheck Protection Program Lending Facility</a> (PPPLF) pour la Fed).</p><p align="left">Les banques centrales ont également assoupli les exigences en matière de garanties. Cette mesure permet aux banques de disposer de montants plus élevés via leurs facilités de prêt et soutient les marchés d’actifs concernés.</p><p align="left"><i>Aide aux entreprises qui font appel aux marchés de capitaux (code couleur bleu)</i></p><p align="left">Les banques centrales soutiennent également les entreprises qui ont recours aux marchés de capitaux pour leurs financements, en achetant leurs titres. Ces achats font baisser les rendements des titres de dette émis par les entreprises et augmenter la valeur des garanties des entreprises&nbsp;; indirectement, ils devraient permettre aux grandes entreprises de payer leurs petits fournisseurs. La BCE a relevé les montants des achats réalisés dans le cadre du programme d’achats de titres du secteur des entreprises (CSPP) et effectuera des achats supplémentaires d’obligations émises par les entreprises dans le cadre du PEPP. La Fed a introduit pour la première fois des facilités d’achat d’obligations émises par des entreprises par le biais des facilités de crédit aux entreprises du marché primaire et secondaire (<i>Primary and Secondary Market Corporate Credit Facility</i>), <a href="https://www.federalreserve.gov/monetarypolicy/pmccf.htm">PMCCF</a> et <a href="https://www.federalreserve.gov/monetarypolicy/smccf.htm">SMCCF</a> respectivement. La BdA a introduit sa facilité de financement des entreprises Covid (<i>Covid Corporate Financing Facility</i>, <a href="https://www.bankofengland.co.uk/news/2020/march/the-covid-corporate-financing-facility">CCFF</a>).</p><p align="left">La BdJ, qui est la seule banque centrale à acheter des actions d’entreprises, a doublé ses achats de fonds négociés en bourse en actions (<i>equity exchange traded funds</i>, ETF).</p><p><i>Maintien du mécanisme de transmission (code couleur marron)</i></p><p align="left">Ces dernières semaines, la transmission des taux contr?lés par les banques centrales aux autres taux d’intérêt a été perturbée et les primes de risque ont très fortement augmenté sur de nombreux marchés. La Fed a directement ciblé les marchés perturbés avec ses programmes de liquidité d’urgence pour les fonds d’investissement monétaires, les états et les administrations locales (via la <a href="https://www.federalreserve.gov/newsevents/pressreleases/files/monetary20200409a3.pdf"><i>Municipal Liquidity Facility</i>, MLF</a>) et les émetteurs de billets de trésorerie. La BdA a temporairement augmenté la taille du compte bancaire du gouvernement auprès de la banque centrale (<a href="https://www.bankofengland.co.uk/news/2020/april/hmt-and-boe-announce-temporary-extension-to-ways-and-means-facility"><i>ways and means facility</i></a>) afin de garantir le bon fonctionnement des marchés monétaires à court terme.</p><p align="left">Dans la zone euro, des disparités sont apparues entre pays membres dans les conditions de refinancement des états, des banques et des entreprises, mena?ant la politique monétaire unique. Afin de remédier à ces disparités, le PEPP permet ?&nbsp;<a href="https://eur-lex.europa.eu/legal-content/EN/TXT/?uri=CELEX:32020D0440">des fluctuations dans la répartition des flux d’achats dans le temps, entre les catégories d’actifs et entre les pays</a>&nbsp;?.</p><p align="left"><i>Maintien des flux de financement en dollars (code couleur jaune)</i></p><p align="left">Les banques centrales ont également coopéré en vue d’assouplir l’approvisionnement mondial en dollars en améliorant les modalités de leurs lignes de <i>swap</i> permanentes et en effectuant des opérations de repo avec la Fed (<a href="https://www.federalreserve.gov/newsevents/pressreleases/monetary20200331a.htm">FIMA</a>) (cf. <a href="https://voxeu.org/article/covid-19-crisis-dollar-and-capital-flows">Corsetti <i>et al.</i></a><a href="https://voxeu.org/article/covid-19-crisis-dollar-and-capital-flows"> (2020)</a> pour une analyse récente des flux en dollars).</p><p align="left">En agissant rapidement et avec des instruments visant à alléger les contraintes de financement pesant sur les entreprises, les banques centrales du monde entier aident les gouvernements, les entreprises et les ménages à surmonter cette période exceptionnellement difficile.</p></div></div></div> <div class="entity entity-paragraphs-item paragraphs-item-illustration-standard" about="" typeof="" id="paragraphs-item--285991"> <div class="visu-mea large-image"><div class="pic"> <div class="field field-name-field-illustration-std-image field-type-image field-label-hidden"> <div class="field-item even "><img typeof="foaf:Image" src="http://www.kafyeda.com//sites/default/files/styles/page/public/images/illustrations/billet157graphique2vf.png?itok=TOW1AgKo" alt="Figure 2 : Flux stylisés relatifs aux interventions de politique monétaire" /></div></div><i class="bg-icon icon-Search bottom-right-position"></i></div><div class="description"><strong class="title">Figure 2 : Flux stylisés relatifs aux interventions de politique monétaire</strong> <span class="legend"> Source : Banque de France. Note : Le graphique présente les flux stylisés des mesures de politique monétaire de la BCE (même code couleur que la figure 1). Les flèches orange indiquent les effets recherchés par les mesures prises.</span></div></div></div> </div> <div class="field field-name-field-mots-clefs-blog field-type-taxonomy-term-reference field-label-hidden"> <div class="field-items"> <div class="field-item even "><a href="/noindex/mots-clefs-blog/politique-monetaire_1517832280" typeof="skos:Concept" property="rdfs:label skos:prefLabel">Politique Monétaire</a></div> <div class="field-item odd "><a href="/noindex/mots-clefs-blog/developpement-economique-actuel_1517832128" typeof="skos:Concept" property="rdfs:label skos:prefLabel">Développement économique actuel</a></div></div></div> Wed, 15 Apr 2020 09:43:24 +0000 nadine 276022 at http://www.kafyeda.com http://www.kafyeda.com/billet-de-blog/laction-des-banques-centrales-pour-aider-leconomie-survivre-au-covid-19#comments Effet de l’échange d’informations sur les dép?ts dans les centres offshores http://www.kafyeda.com/billet-de-blog/effet-de-lechange-dinformations-sur-les-depots-dans-les-centres-offshores <span class="date-display-single" property="dc:date" datatype="xsd:dateTime" content="2020-03-24T14:15:00+01:00">Publié le 24/03/2020</span> <div class="field field-name-field-author-text field-type-text-long field-label-hidden"> <div class="field-item even rich-text"><p>Par Pierce O&#39;Reilly, Kevin Parra Ramirez, Michael A. Stemmer. Ce billet a déjà été publié en anglais dans <a href="https://voxeu.org/article/exchange-information-and-bank-deposits-international-financial-centres">Vox EU</a></p></div></div><div class="chapeau"><p>Depuis que le G20 a déclaré en 2009 que ? l’ère du secret bancaire est révolue ?, les juridictions ont mis en ?uvre un éventail de mesures afin que les informations sur les actifs financiers étrangers soient transmises aux autorités fiscales. L’une de ces mesures phares, l’échange automatique d’informations, a engendré une baisse de 22% des dép?ts bancaires dans les centres offshores.</p> </div> <div class="field field-name-field-main-illustration field-type-image field-label-hidden"> <div class="field-item even "><img typeof="foaf:Image" src="http://www.kafyeda.com//sites/default/files/styles/page/public/graphique_1_billet_156_vf.png?itok=toX2GQGz" alt="Graphique 1 : Expansion mondiale du réseau d&#039;échange d&#039;informations" /></div></div> <div class="field field-name-field-custom-print-pdf field-type-file field-label-hidden"> <div class="field-item even "><span class="file"><img class="file-icon" alt="PDF icon" title="application/pdf" src="/modules/file/icons/application-pdf.png" /> <a href="/sites/default/files/billet_156_vf.pdf" type="application/pdf; length=312600">billet_156_vf.pdf</a></span></div></div><strong class="title">Graphique 1 : Expansion mondiale du réseau d'échange d'informations</strong><span class="legend"> Source : Global Forum. Note : les données sur les accords bilatéraux EOIR après 2017 sont préliminaires et sujettes à révision. La mention ? Accord EOIR signé ? fait référence à la signature du premier accord établissant une relation EOIR. </span> <div class="paragraphs-items paragraphs-items-field-publication-body paragraphs-items-field-publication-body-rss paragraphs-items-rss"> <div class="entity entity-paragraphs-item paragraphs-item-body" about="" typeof="" id="paragraphs-item--279469"> <div class="field field-name-field-parag-body field-type-text-long field-label-hidden"><div class="field-item even rich-text"><h2>Depuis 2009, de multiples initiatives internationales ont accru la transparence fiscale mondiale</h2><p>L’émoi suscité par l’évasion fiscale au sein de la communauté internationale a conduit le G20, en 2009, à déclarer que ?&nbsp;l’ère du secret bancaire est révolue&nbsp;?.&nbsp;Depuis lors, une expansion considérable de la transparence fiscale mondiale a eu cours sous l’égide du Forum mondial sur la transparence et l'échange d'informations.&nbsp;En effet, cet organe a mis en place de nouvelles initiatives multilatérales pour lutter contre l'évasion fiscale, notamment deux normes pivots en matière d'échange d'informations : l'échange d'informations sur demande (Exchange Of Information on Request en anglais, EOIR) et, plus récemment, l'échange automatique d'informations (Automatic Exchange Of Information en anglais, AEOI).&nbsp;Ces normes requièrent que les informations sur les actifs financiers étrangers soient désormais partagées entre les autorités fiscales à l'échelle mondiale, ce qui, en définitive, rend plus difficile pour les contribuables de se soustraire à l’imp?t en dissimulant des actifs à l'étranger.&nbsp;</p><p>Plus de 150 juridictions se sont engagées à mettre en ?uvre la norme EOIR.&nbsp;Cela s'est concrétisé par le biais d'accords bilatéraux tels que les conventions relatives à la double imposition (Double Tax Convention en anglais, DTC), les accords d'échange de renseignements fiscaux (Tax Information Exchange Agreements, TIEA), ainsi que par le biais d'accords multilatéraux, notamment la Convention multilatérale sur l'assistance administrative mutuelle en matière fiscale (Multilateral Convention on Mutual Administrative Assistance in Tax Matters, MAC).&nbsp;Les pays signataires du MAC peuvent alors conclure des accords d'échange d'informations avec toutes les autres juridictions signataires du MAC, créant ainsi un réseau multilatéral de juridictions échangeant des informations fiscales (voir graphique 1).&nbsp;Aujourd'hui, 130 juridictions ont signé le MAC, ce qui équivaut à la mise en place de près de 8 000 accords bilatéraux.&nbsp;De surcro?t, près de 100 pays se sont engagés, d'ici 2018, à appliquer l’AEOI sur les comptes bancaires et d’autres actifs financiers dans le cadre d'une norme commune de déclaration (Common Reporting Standard, CRS). Combinées, ces initiatives représentent un effort multilatéral sans précédent pour lutter contre l'évasion fiscale, comme l'ont préconisé, par exemple, <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0022199611001176">Elsayyad et Konrad (2012)</a>.&nbsp;</p><p>Cette expansion de la transparence fiscale mondiale, combinée à des mesures unilatérales telles que des programmes de divulgation volontaire, a provoqué une réaction significative de la part des contribuables.&nbsp;à ce jour, plus d'un million de personnes ont déclaré des actifs offshores générant plus de 102 milliards d'euros de recettes fiscales (<a href="https://www.oecd.org/tax/transparency/global-forum-10-years-report.pdf">OCDE 2019</a>).&nbsp;Cela démontre qu’un nouveau palier dans la transparence des déclarations des avoirs financiers des ménages a été franchi, apportant la garantie que des revenus et des actifs jusqu’alors non déclarés deviennent imposés.&nbsp;</p><h2>Quel a été l’impact de l'échange d'informations&nbsp;sur les dép?ts bancaires dans les centres offshores&nbsp;?</h2><p>Dans un article récent (<a href="https://www.oecd-ilibrary.org/taxation/exchange-of-information-and-bank-deposits-in-international-financial-centres_025bfebe-en">O'Reilly et al. 2019</a>), nous examinons l'impact de l'échange d'informations sur les dép?ts bancaires détenus par des étrangers dans les centres financiers offshores (communément appelés ?&nbsp;paradis fiscaux&nbsp;?) tels que définis par le FMI en exploitant la base de données sur les dép?ts bancaires la plus complète à ce jour&nbsp;: les Locational Banking Statistics (LBS) de la Banque des Règlements (BRI) qui centralisent les données de 47 pays vis-à-vis de plus de 200 pays de contrepartie.&nbsp;&nbsp;Plus spécifiquement, nous nous intéressons aux dép?ts bancaires détenus par des contreparties non-bancaires, c’est-à-dire les dép?ts des ménages, des entreprises, des administrations et des institutions financières non bancaires. Cette approche s'appuie sur la littérature existante dans ce domaine, notamment les travaux de <a href="https://www.aeaweb.org/articles?id=10.1257/pol.6.1.65">Johannesen et Zucman (2014)</a>.&nbsp;</p><p>Avant la crise financière, les dép?ts bancaires détenus par des étrangers dans les centres financiers internationaux (CFI) et non–CFI ont cr? fortement et atteint leur pic en 2008 avant de baisser durant la crise (graphique 2).&nbsp;Alors que les dép?ts dans les pays non-CFI ont assez rapidement retrouvé leur niveau d’avant crise pour enregistrer un nouveau record en 2018, les dép?ts dans les CFI n’ont cessé de baisser.&nbsp;Entre 2008 et 2019, le niveau des dép?ts bancaires dans les CFI a ainsi reculé d'environ 410 milliards de dollars, soit une diminution de 24%.&nbsp;&nbsp;</p></div></div></div> <div class="entity entity-paragraphs-item paragraphs-item-illustration-standard" about="" typeof="" id="paragraphs-item--279470"> <div class="visu-mea large-image"><div class="pic"> <div class="field field-name-field-illustration-std-image field-type-image field-label-hidden"> <div class="field-item even "><img typeof="foaf:Image" src="http://www.kafyeda.com//sites/default/files/styles/page/public/images/illustrations/graphique2billet156vf.png?itok=YiHUKFdZ" alt="Graphique 2 : évolutions des dép?ts bancaires détenus par des non-résidents " /></div></div><i class="bg-icon icon-Search bottom-right-position"></i></div><div class="description"><strong class="title">Graphique 2 : évolutions des dép?ts bancaires détenus par des non-résidents </strong> <span class="legend"> Source : calculs des auteurs, BRI LBS. Note : seules les contreparties non-bancaires sont inclues dans les séries. Les données sont agrégées toutes devises et institutions déclarantes confondues.</span></div></div></div> <div class="entity entity-paragraphs-item paragraphs-item-body" about="" typeof="" id="paragraphs-item--279471"> <div class="field field-name-field-parag-body field-type-text-long field-label-hidden"><div class="field-item even rich-text"><p>Cette baisse des dép?ts dans les CFI peut s’expliquer par des facteurs non-fiscaux tels que, par exemple, la baisse des taux d'intérêt mondiaux qui rend la détention d'actifs dans des comptes bancaires moins rentable.&nbsp;Toutefois, l'hypothèse qui nous intéresse ici est celle selon laquelle les individus ont réagi à un risque potentiel de divulgation de leur richesse cachée lorsque des accords d'échange d'informations entre les autorités fiscales ont été mis en place.&nbsp;Nous quantifions l’impact de la transparence fiscale sur la détention de dép?ts bancaires dans les CFI par des résidents de juridictions non-CFI, et en particulier l'impact de (1) la signature d'un accord EOIR incluant le MAC;&nbsp;(2) l’annonce publique de l'engagement à participer à l’AEOI&nbsp;; et (3) la mise en place opérationnelle de l’AEOI.&nbsp;</p><p>Nos résultats suggèrent que la mise en place opérationnelle de l'AEOI est associée à une baisse significative de 22% des dép?ts bancaires dans les CFI détenus par des individus résidant dans des juridictions non-CFI (voir le tableau 4 dans <a href="https://www.oecd-ilibrary.org/taxation/exchange-of-information-and-bank-deposits-in-international-financial-centres_025bfebe-en">O'Reilly et al. 2019</a>).&nbsp;Les tests de robustesse présentés dans notre article suggèrent que les accords EOIR initiaux étaient associés à une baisse statistiquement significative des dép?ts bancaires dans les CFI, mais que cet impact se réduit au cours du temps. Ce résultat semble indiquer que l’efficacité des nouveaux accords bilatéraux est réduite dans un environnement d’accords multilatéraux.&nbsp; &nbsp;Ces résultats, montrant que l’échange automatique d’informations conduit à réduire les dép?ts bancaires étrangers dans les centres offshore, sont conformes aux travaux récents sur ce sujet, notamment <a href="http://ftp.zew.de/pub/zew-docs/dp/dp18036.pdf">Casi et al.&nbsp;(2018)</a> et <a href="https://papers.ssrn.com/sol3/papers.cfm?abstract_id=3100117">Menkhoff et Miethe (2019)</a>.</p><p>La signature d’accords sur l’échange d’informations relatives aux dép?ts bancaires dans les centres offshores intervient dans un contexte de questionnement sur les effets de la mondialisation et de remise en cause du multilatéralisme. Le développement d'un réseau mondial d'échange d'informations efficace doit permettre davantage de transparence fiscale et le recouvrement de l’imp?t. Nos résultats montrent en particulier l'importance d'une action multilatérale dans les efforts de lutte contre l'évasion fiscale. Dans ce domaine, les succès déjà enregistrés peuvent constituer une source d'encouragement pour tous ceux qui recherchent une coopération multilatérale plus ambitieuse dans d'autres domaines de la politique publique.</p></div></div></div> </div> <div class="field field-name-field-mots-clefs-blog field-type-taxonomy-term-reference field-label-hidden"> <div class="field-item even "><a href="/noindex/mots-clefs-blog/divers_1520354570" typeof="skos:Concept" property="rdfs:label skos:prefLabel">Divers</a></div></div> Mon, 23 Mar 2020 14:20:01 +0000 aline.anfry 269926 at http://www.kafyeda.com http://www.kafyeda.com/billet-de-blog/effet-de-lechange-dinformations-sur-les-depots-dans-les-centres-offshores#comments Défaut d’une entreprise systémique : quels effets pour l’économie ? http://www.kafyeda.com/billet-de-blog/defaut-dune-entreprise-systemique-quels-effets-pour-leconomie <span class="date-display-single" property="dc:date" datatype="xsd:dateTime" content="2020-03-12T16:15:00+01:00">Publié le 12/03/2020</span> <div class="field field-name-field-author-text field-type-text-long field-label-hidden"> <div class="field-item even rich-text"><p>Par <a href="https://sites.google.com/site/sarahmouabbi/">Sarah Mouabbi</a></p></div></div><div class="chapeau"><p>Quel serait le co?t économique de la faillite d’une entreprise d’importance systémique ? C’est la question à laquelle nous tentons de répondre ici, en évaluant l’effet récessif d’une défaillance systémique. Dans les deux ans suivant un tel événement, on peut s’attendre à une diminution de 3 % de la consommation totale et à la survenance de trois nouveaux défauts systémiques.</p> </div> <div class="field field-name-field-main-illustration field-type-image field-label-hidden"> <div class="field-item even "><img typeof="foaf:Image" src="http://www.kafyeda.com//sites/default/files/styles/page/public/graphique_1_billet_155_vf.png?itok=ruimLIpp" alt="Source : Gourieroux, Monfort, Mouabbi et Renne (2019)" /></div></div> <div class="field field-name-field-custom-print-pdf field-type-file field-label-hidden"> <div class="field-item even "><span class="file"><img class="file-icon" alt="PDF icon" title="application/pdf" src="/modules/file/icons/application-pdf.png" /> <a href="/sites/default/files/billet_155_vf1.pdf" type="application/pdf; length=732642">billet_155_vf1.pdf</a></span></div></div><strong class="title">Graphique : Probabilité d’une chute de la consommation de la zone euro de plus de 10 % ou 20 % (horizon = 12 mois)</strong><span class="legend"> Source : Gourieroux, Monfort, Mouabbi et Renne (2019)</span> <div class="paragraphs-items paragraphs-items-field-publication-body paragraphs-items-field-publication-body-rss paragraphs-items-rss"> <div class="entity entity-paragraphs-item paragraphs-item-body" about="" typeof="" id="paragraphs-item--275997"> <div class="field field-name-field-parag-body field-type-text-long field-label-hidden"><div class="field-item even rich-text"><p><u>Notes&nbsp;</u>: Probabilité d’une chute de la consommation supérieure à 10&nbsp;% (ligne pleine) ou à 20&nbsp;% (ligne en pointillés) au cours de l’année suivante. Les parties grisées correspondent aux intervalles de confiance à 95&nbsp;%. (1) Paralysie des marchés interbancaires européens&nbsp;; (2) Effondrement de Lehman Brothers&nbsp;; (3) Mesures d’urgence pour protéger la stabilité financière&nbsp;; (4) En Espagne et en Italie, vague de dégradations des notations&nbsp;; (5) Engagement de faire ?&nbsp;tout ce qu’il faudra&nbsp;? de Mario Draghi.</p><p>?&nbsp;Si les états portent assistance aux entreprises trop grandes pour faire faillite en situation de crise, ce n’est pas par favoritisme […], mais parce qu’ils sont conscients que les conséquences d’une faillite non contr?lée sont nettement plus dommageables pour l’économie au sens large que les co?ts engagés pour éviter la faillite.&nbsp;?&nbsp;</p><p align="right"><em>-- </em><a href="https://www.federalreserve.gov/newsevents/testimony/bernanke20100902a.htm"><em>Ben Bernanke</em></a><em> (2010)</em></p><p>Fondée en 1600, la Compagnie des Indes orientales a d’abord exercé le commerce international de marchandises exotiques (épices, soie, thé et opium). Au milieu du XVIII<sup>e&nbsp;</sup>siècle, elle était devenue la plus grande entreprise privée de l’histoire (même dans son acception actuelle), représentant environ un cinquième des exportations britanniques et la moitié du commerce mondial. Dans les années 1770, elle a fr?lé la faillite et a été sauvée par un renflouement massif. La Compagnie des Indes orientales fut la première entreprise jugée ?&nbsp;trop grande pour faire faillite&nbsp;?.</p><p>Durant la Grande récession, la question des effets liés à la faillite d’entreprises importantes et interconnectées pour l’ensemble du système économique est réapparue. Elle a conduit à la mise en place de mesures politiques et réglementaires (notamment les règles relatives aux établissements financiers d’importance systémique), destinées à stabiliser le système financier et à relancer la croissance économique. Soulignons que ces mesures ne concernaient pas exclusivement le secteur financier. Ainsi, le <em>Troubled Asset Relief Program</em>, instauré aux états-Unis en 2008, a consacré 20&nbsp;% de ses fonds au sauvetage de l’industrie automobile américaine&nbsp;; c’est dans le cadre de ce programme que General Motors et Chrysler ont re?u environ 80&nbsp;milliards de dollars.</p><p>Toutefois, si de grandes entreprises venaient à faire faillite, quelles seraient les effets de cette défaillance systémique sur l’économie&nbsp;?</p><h2>Quantification des conséquences liées aux défauts systémiques</h2><p>Pour tenter de répondre à cette question, <a href="https://papers.ssrn.com/sol3/papers.cfm?abstract_id=3188085">Gourieroux, Monfort, Mouabbi et Renne (2019)</a> ont créé un modèle qui définit le défaut systémique comme un défaut qui affecte négativement l’économie et qui est contagieux. Dans ce contexte, l’effet négatif d’un défaut systémique sur la consommation totale – une mesure couramment utilisée dans la littérature relative aux prix des actifs – peut entra?ner d’autres défaillances, avec pour conséquence d’amplifier la chute initiale de la consommation et de conduire à des défauts en cha?ne.</p><p>La rareté des défaillances systémiques constitue l’une des principales difficultés pour quantifier leurs implications macro-économiques. En revanche, les prix d’instruments financiers exposés au risque systémique peuvent permettre de comprendre comment les marchés financiers évaluent les implications de tels événements.</p><p>Le modèle établit dans un premier temps la relation entre les gains générés par les actifs exposés à une catastrophe potentielle et les facteurs qui déterminent la consommation. Une fois cette relation établie, le modèle prédit, entre autres, la prime de risque de crédit qu’exigeraient les investisseurs pour conserver un de ces actifs. Grace à l’ancrage du modèle sur le taux de défaut moyen et à l’exploitation des fluctuations des cours des actifs, les paramètres du modèle peuvent ensuite être estimés. Cette approche nous permet de calculer l’effet sur la consommation d’un défaut systémique attendu par les marchés financiers.</p><h2>Statistiques de marché fournissant des informations sur des événements catastrophiques</h2><p>Les cours des options de vente <em>far-out-of-the-money</em> et des tranches senior intègrent les prévisions des investisseurs en matière d’événements catastrophiques et de risque systémique.</p><ul><li><em>Options de vente </em>far-out-of-the-money <em>sur des indices actions</em></li></ul><p>Une option de vente confère à son acheteur le droit de vendre l’actif sous-jacent (ici, un indice boursier) à l’échéance à un prix prédéfini. Cette option est dite <em>out-of-the-money</em> lorsque le prix de vente prédéfini est sensiblement inférieur à la valeur courante de l’indice sous-jacent. Ces options génèrent donc un gain si l’indice sous-jacent s’effondre.</p><ul><li><em>Tranches de CDO (Collateralised Debt Obligations)</em></li></ul><p>Associées à un portefeuille de référence (ici, un indice d’entreprise)&nbsp;les obligations structurées adossées à des emprunts (CDO) sont découpées en tranches correspondant chacune à un niveau de priorité, donc à une exposition différente au risque de crédit du portefeuille sous-jacent. L’acheteur du CDO re?oit des paiements lorsque le portefeuille de référence sous-jacent subit un montant prédéfini de pertes sur crédits. Les pertes sont tout d’abord imputées à la tranche la plus basse puis, progressivement, aux autres tranches, la tranche la plus senior assumant les pertes en dernier. En conséquence, l’acheteur du CDO réalise un gain sur la tranche senior uniquement à partir du moment où un nombre suffisamment important d’entreprises composant l’indice sous-jacent ont subi un événement de crédit (faillite ou défaut de paiement).</p><h2>Un défaut systémique aurait des conséquences récessives</h2><p><a href="https://papers.ssrn.com/sol3/papers.cfm?abstract_id=3188085">Gourieroux, Monfort, Mouabbi et Renne (2019)</a> en déduisent des estimations de l’effet sur la consommation induits par des défauts systémiques.</p><p>Leur analyse empirique est basée sur des données européennes&nbsp;; en l’occurrence, les sociétés d’importance systémique sont identifiées par celles qui composent l’indice iTraxx Europe. Cet indice regroupe de manière équipondérée 125&nbsp;sociétés européennes parmi les plus liquides, notées dans la catégorie <em>investment grade</em> et issues de différents secteurs (automobile et industrie, consommation, énergie, télécommunications, médias et technologie, finance). Les composantes de l’indice iTraxx représentent une part importante des économies européennes&nbsp;: (i) leur capitalisation boursière cumulée s’élève à 5&nbsp;000&nbsp;milliards d’euros, (ii) elles emploient environ 12,5&nbsp;millions de salariés et (iii)&nbsp;sont endettées à hauteur de 5&nbsp;500&nbsp;milliards d’euros.</p><p>Selon les résultats obtenus, un défaut systémique serait suivi d’une diminution de 3&nbsp;% de la consommation totale au cours des deux années suivantes. à&nbsp;titre de comparaison, la consommation a chuté de 5,4&nbsp;% aux états?Unis pendant la Grande récession (2007-2009), pour un recul de 2,1% en moyenne de la consommation lors des autres récessions survenues depuis 1945 (<a href="https://www.minneapolisfed.org/article/2017/the-great-recession-a-macroeconomic-earthquake">Christiano, 2017)</a>. Ce résultat tient compte des effets de contagion&nbsp;: il intègre la survenance de trois autres défaillances systémiques dans un délai de deux ans suivant la défaillance d’une entreprise d’importance systémique.</p><p>L’analyse permet également d’élaborer les indicateurs de risque systémique suivants&nbsp;: (i) la probabilité d’observer le défaut d’au moins 10&nbsp;entreprises d’importance systémique sur un horizon donné, et (ii) la probabilité que la consommation totale subisse une chute sensible de plus de 10&nbsp;% au cours de l’année suivante. Les résultats suggèrent que la probabilité de conna?tre au moins 10&nbsp;défauts systémiques au cours des deux années suivantes a atteint un pic après l’effondrement de Lehman Brothers (environ 7%) et au plus fort de la crise de la dette en Europe (environ 6%). De même, la probabilité d’une chute de plus de 10&nbsp;% de la consommation au cours de l’année suivante est ressortie à 6&nbsp;% et à 5&nbsp;%, respectivement, aux mêmes périodes (cf. Graphique).</p><p>Enfin, l’effet récessif des défauts systémiques implique également que les instruments financiers dont le gain potentiel dépend de tels événements soient assortis de primes de risque de crédit élevées.</p><p>&nbsp;</p></div></div></div> </div> <div class="field field-name-field-mots-clefs-blog field-type-taxonomy-term-reference field-label-hidden"> <div class="field-items"> <div class="field-item even "><a href="/noindex/mots-clefs-blog/marches-financiers_1517832260" typeof="skos:Concept" property="rdfs:label skos:prefLabel">Marchés Financiers</a></div> <div class="field-item odd "><a href="/noindex/mots-clefs-blog/stabilite-financiere_1517832306" typeof="skos:Concept" property="rdfs:label skos:prefLabel">Stabilité Financière</a></div></div></div> Thu, 12 Mar 2020 14:36:48 +0000 aline.anfry 266570 at http://www.kafyeda.com http://www.kafyeda.com/billet-de-blog/defaut-dune-entreprise-systemique-quels-effets-pour-leconomie#comments Surendettement, femmes et monoparentalité http://www.kafyeda.com/billet-de-blog/surendettement-femmes-et-monoparentalite <span class="date-display-single" property="dc:date" datatype="xsd:dateTime" content="2020-03-06T14:45:00+01:00">Publié le 06/03/2020</span> <div class="field field-name-field-author-text field-type-text-long field-label-hidden"> <div class="field-item even rich-text"><p>Par <a href="http://www.kafyeda.com/economie/economistes-et-chercheurs/nicoletta-berardi"><u>Nicoletta Berardi</u></a>, <a href="http://www.kafyeda.com/economie/economistes-et-chercheurs/nicoletta-berardi"><u>Guillaume Gaulier</u></a>, Karine Jean, Dominique Nivat &amp; <a href="http://www.kafyeda.com/economie/economistes-et-chercheurs/soledad-zignago"><u>Soledad Zignago</u></a></p></div></div><div class="chapeau"><p>La procédure de traitement du surendettement a 30 ans. De longue date, les femmes y sont plus vulnérables que les hommes. Au cours des dernières années, le surendettement s’est concentré sur les personnes les plus fragiles financièrement, notamment les cheffes de famille monoparentale. Elles représentent 26 % des femmes surendettées, presque trois fois plus que leur proportion dans la population féminine totale.</p> </div> <div class="field field-name-field-main-illustration field-type-image field-label-hidden"> <div class="field-item even "><img typeof="foaf:Image" src="http://www.kafyeda.com//sites/default/files/styles/page/public/graphique_1_billet_154f_vf.png?itok=EFBMMQBk" alt="Graphique 1 : Situations de surendettement recevables et part des femmes" /></div></div> <div class="field field-name-field-custom-print-pdf field-type-file field-label-hidden"> <div class="field-item even "><span class="file"><img class="file-icon" alt="PDF icon" title="application/pdf" src="/modules/file/icons/application-pdf.png" /> <a href="/sites/default/files/billet_154_vfg.pdf" type="application/pdf; length=430536">billet_154_vfg.pdf</a></span></div></div><strong class="title">Graphique 1 : Situations de surendettement recevables et part des femmes</strong><span class="legend"> Source : Enquêtes typologiques du surendettement, calculs des auteurs</span> <div class="paragraphs-items paragraphs-items-field-publication-body paragraphs-items-field-publication-body-rss paragraphs-items-rss"> <div class="entity entity-paragraphs-item paragraphs-item-body" about="" typeof="" id="paragraphs-item--273390"> <div class="field field-name-field-parag-body field-type-text-long field-label-hidden"><div class="field-item even rich-text"><p>Note : Le rétablissement personnel, ou effacement total des dettes, est proposé aux débiteurs qui sont dans les situations financières les plus difficiles et qui n’ont aucune capacité de remboursement.</p><p>Le traitement du surendettement, destiné aux personnes et ménages dans l'impossibilité manifeste de faire face à l'ensemble de leurs dettes, a trente ans. Le nombre de dossiers déposés, qui avait cr? dans les années 1990 et 2000, a baissé de 38&nbsp;% entre 2014 et 2019, grace à la législation contre les pratiques excessives en matière de crédit, à la réduction du ch?mage et à l’amélioration de la solvabilité des ménages permise par la baisse des taux et les renégociations de crédits. Le cadre légal d’accompagnement des ménages surendettés, les modalités de traitement des dossiers et même les objectifs assignés à la procédure ont profondément évolué en trente ans, tout comme le profil des surendettés. Dans la décennie 1990, la part des ménages surendettés non dépourvus de ressources mais confrontés à un excès de crédits, à la consommation en particulier, était élevée. Au fil des années, la procédure de surendettement s’est concentrée sur les personnes les plus fragiles financièrement, notamment les femmes vivant seules avec leurs enfants.</p><p>Même si cela s’est amélioré au début de l’actuelle décennie, les femmes sont toujours plus surendettées que les hommes&nbsp;: dans les tranches d'age les plus concernées par le surendettement (de 25 à 54 ans), elles représentent 55&nbsp;% des débiteurs dont le dossier de surendettement a été considéré recevable en France en 2019 (graphique 1, <a href="https://particuliers.banque-france.fr/enquete-typologique-2019-sur-le-surendettement-des-menages">Enquête typologique du surendettement 2019</a>), alors qu’elles ne sont que légèrement plus nombreuses que les hommes au sein &nbsp;de la tranche d’age concernée (moins de 51 %).</p><p>Les dettes ne sont pas uniquement constituées de crédits. Il s’agit de plus en plus souvent de loyers impayés, de dettes fiscales, de factures d’eau ou d’électricité, de frais de cantine scolaire, etc. Lorsque la commission de surendettement estime que le débiteur n’est pas en capacité de rembourser (étant donné ses ressources et charges incompressibles), elle impose un effacement total des dettes. Les femmes sont encore plus nombreuses dans ces cas les plus précaires (dits de ?&nbsp;rétablissement personnel&nbsp;? ou de faillite personnelle)&nbsp;: leur part dépasse 59&nbsp;%.</p><p>La principale différence entre les femmes et les hommes surendettés vient de la composition des ménages&nbsp;: 26,3&nbsp;% des femmes surendettées sont cheffes de famille monoparentale (contre 9,2&nbsp;% dans la population féminine fran?aise, cf. graphique 2). Ce chiffre est à comparer à 3,6&nbsp;% d’hommes chefs de famille monoparentale parmi les surendettés (contre 2,4&nbsp;% dans la population masculine totale). La surexposition des mères cheffes de famille monoparentale est encore plus importante chez les personnes surendettées les plus démunies puisque leur part passe à 35,6&nbsp;% parmi les femmes surendettées bénéficiant d’un effacement de toutes leurs dettes.</p></div></div></div> <div class="entity entity-paragraphs-item paragraphs-item-illustration-standard" about="" typeof="" id="paragraphs-item--273391"> <div class="visu-mea large-image"><div class="pic"> <div class="field field-name-field-illustration-std-image field-type-image field-label-hidden"> <div class="field-item even "><img typeof="foaf:Image" src="http://www.kafyeda.com//sites/default/files/styles/page/public/images/illustrations/graphique2billet154fvf.png?itok=k6Ds0UwP" alt="Graphique 2 : Une répartition par type de ménage différente selon que l&#039;on est une femme ou un homme" /></div></div><i class="bg-icon icon-Search bottom-right-position"></i></div><div class="description"><strong class="title">Graphique 2 : Une répartition par type de ménage différente selon que l&#039;on est une femme ou un homme</strong> <span class="legend"> Source : Enquêtes typologiques du surendettement, calculs des auteurs</span></div></div></div> <div class="entity entity-paragraphs-item paragraphs-item-body" about="" typeof="" id="paragraphs-item--273392"> <div class="field field-name-field-parag-body field-type-text-long field-label-hidden"><div class="field-item even rich-text"><p>Lecture&nbsp;: En 2019, les femmes cheffes de famille monoparentale représentent plus de 26&nbsp;% des femmes, tandis que les hommes chefs de famille monoparentale représentent moins de 4&nbsp;% des hommes.</p><p>Ainsi, les femmes ne sont pas plus endettées que les hommes uniquement parce qu’elles sont des femmes, parce que leur salaire moyen est inférieur de 24&nbsp;% à celui des hommes (<a href="https://www.insee.fr/fr/statistiques/3135908">Insee, 2017</a>) ou parce qu’elles ne sauraient, par exemple, pas bien gérer leur budget… Elles sont plus endettées notamment parce qu’elles sont beaucoup plus souvent que les hommes cheffes de famille monoparentale. Cette monoparentalité implique des difficultés pécuniaires quotidiennes&nbsp;: en 2019, les familles monoparentales surendettées dont le chef est une femme ont un revenu médian de 897&nbsp;euros par unité de consommation, inférieur de 14&nbsp;% au seuil de pauvreté, mais aussi de 21&nbsp;% au revenu médian des femmes surendettées vivant seules, de 10 % à celui des ménages composés de couples avec enfant(s) et de 26&nbsp;% au revenu médian des ménages constitués d’un couple sans enfant. La monoparentalité a aussi pour conséquence une moindre disponibilité en termes horaires ou encore une plus faible mobilité, qui empêchent les femmes d’accéder à de meilleures opportunités professionnelles. Enfin, les mères cheffes de famille monoparentale surendettées, dont seulement un tiers se déclarent célibataires, sont bien s?r d’autant plus vulnérables qu’elles ne touchent pas de pension alimentaire.</p><p>Les cheffes de famille monoparentale ont donc une probabilité plus élevée de bénéficier d’un effacement total de leurs dettes en raison d’une situation financière considérée comme irrémédiablement compromise. D’après nos calculs, pour une femme (de 40 ans) vivant seule, la probabilité d’effacement total des dettes passe de 52&nbsp;% si elle n’a pas d’enfants à 58&nbsp;% avec un enfant, et va jusqu’à 70&nbsp;% avec plus de trois enfants, comme le montre le graphique 3 (issu de <a href="https://publications.banque-france.fr/le-surendettement-et-les-femmes">Berardi, Gaulier, Nivat, Monteil &amp; Zignago, 2019</a>).</p><p>Le fait que les femmes surendettées cheffes de famille monoparentale aient une probabilité plus forte que les autres débiteurs de bénéficier d’un effacement total de leurs dettes via le rétablissement personnel traduit certes leur plus grande vulnérabilité face au surendettement, mais montre également que la procédure de surendettement permet de proposer des solutions efficaces qui prennent en charge les situations de fa?on différenciée. Les ménages les plus en difficultés sont ceux qui se voient proposer les solutions les plus radicales, leur permettant d’obtenir une véritable seconde chance à l’issue du traitement du dossier.</p></div></div></div> <div class="entity entity-paragraphs-item paragraphs-item-illustration-standard" about="" typeof="" id="paragraphs-item--273393"> <div class="visu-mea large-image"><div class="pic"> <div class="field field-name-field-illustration-std-image field-type-image field-label-hidden"> <div class="field-item even "><img typeof="foaf:Image" src="http://www.kafyeda.com//sites/default/files/styles/page/public/images/illustrations/graphique3billet154fvf.png?itok=BmsCQaJ6" alt="Graphique 3 : Probabilité qu’un surendetté (40 ans) soit orienté vers le ? rétablissement personnel ?" /></div></div><i class="bg-icon icon-Search bottom-right-position"></i></div><div class="description"><strong class="title">Graphique 3 : Probabilité qu’un surendetté (40 ans) soit orienté vers le ? rétablissement personnel ?</strong> <span class="legend"> Note : Les probabilités sont estimées à partir d’un modèle logit, voir Berardi et al. (2019) pour le détail. </span></div></div></div> <div class="entity entity-paragraphs-item paragraphs-item-body" about="" typeof="" id="paragraphs-item--274023"> <div class="field field-name-field-parag-body field-type-text-long field-label-hidden"><div class="field-item even rich-text"><p>&nbsp;</p><p>Pour aller plus loin, résumés vidéo autour de la conférence sur les 30 ans de prévention et de traitement du surendettement :</p><ul><li><a href="https://www.youtube.com/watch?v=GmF4rLJTiUo">Christine Lagarde</a>, Présidente de la Banque Centrale Européenne, revient sur la mise en place et sur l’impact de la loi portant sur la réforme du crédit à la consommation (3’44)</li><li><a href="https://www.youtube.com/watch?v=Csi4pTAh3t8">Beno?t Hamon</a>, ancien Ministre délégué à l'économie sociale et solidaire, explique comment la loi de 2014 avance dans trois domaines : acquis de la loi Lagarde&nbsp;; remise en cause du lien entre carte de fidélité et carte de crédit dans la grande distribution&nbsp;; et hypothèques rechargeables désormais interdites (2’09)</li><li><a href="https://www.youtube.com/watch?v=YLb4a__Bce0">Fran?ois Soulage</a>, président du comité de pilotage Point Conseil Budget, s’exprime sur les facteurs ayant entra?né une diminution du nombre de dossiers de surendettement depuis plusieurs années (3’31).</li></ul></div></div></div> </div> <div class="field field-name-field-mots-clefs-blog field-type-taxonomy-term-reference field-label-hidden"> <div class="field-item even "><a href="/noindex/mots-clefs-blog/developpement-economique-actuel_1517832128" typeof="skos:Concept" property="rdfs:label skos:prefLabel">Développement économique actuel</a></div></div> Wed, 04 Mar 2020 17:20:17 +0000 Gerard EDMOND 263957 at http://www.kafyeda.com http://www.kafyeda.com/billet-de-blog/surendettement-femmes-et-monoparentalite#comments 70大香伊在人线免费-大香蕉在线视频观看-大香伊蕉国产